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Blood Reich

(Bloodrayne : the Third Reich)

 

Le film : 14/20

  • USA/Canada/Allemagne - 2010
  • Budget : 10 000 000 $
  • Production: Brightlight Pictures
  • Réalisation : Uwe Boll
  • Avec Natassia Malte, Brendan Fletcher, Michael Paré…

1942 les armées nazies d’Hitler règnent en maîtres absolus sur l’Europe que le Reich domine avec violence et barbarie. Dans ce chaos de haine et de sang, Rayne, une vampire damnée par l’immortalité décide de se confronter au Führer et ses hordes de nazis. Mais elle ignore qu’ Hitler l’attend déjà afin de s’accaparer son immortalité et assouvir son rêve ... devenir le vampire führer suprême… Rayne est de retour !

Après la Roumanie du 18 ème siècle et le far west du 19 ème, la vampire débarque cette fois-ci en pleine deuxième guerre mondiale pour coller une raclée à l’ennemi nazi ! Étrange que le dvd/blu-ray édité en France par Elephant Films ne mentionne pas l’intitulé relativement célèbre de la franchise issue du jeu vidéo : à la place de Bloodrayne, nous avons juste droit à un Blood Reich qui risque de tromper l’acheteur et de voir une partie des fans des deux premiers opus passer à côté de celui-ci… (C’est d’ailleurs ce qui a bien failli nous arriver…). Aux commandes de cette suite on retrouve bien évidemment l’indéboulonnable Uwe Boll qui continue d’enchainer les péloches à un rythme absolument hallucinant (trois films chaque année..) sans jamais bâcler ses réalisations : même si la plupart de ses films ne dépasse pas le stade du simple produit de divertissement consommable et vite digéré, on est généralement certain d’en avoir un minimum pour notre pognon sans risquer de tomber dans la médiocrité générale d’un Cinétel ou d’un Asylum… Une gageure qui se transforme même parfois en projet plus ambitieux, que ce soit au niveau du scénario (l’excellent Rampage) ou du budget (King Rising et ses 60 millions de dollars…).

Où situer ce Bloodrayne : The Third Reich dans la filmographie du bonhomme ? Ni trop haut, ni trop bas mais tout simplement dans la moyenne d’un honorable D.T.V. du réalisateur ! Si le premier Bloodrayne s’avère bien supérieur à ce dernier (budget, casting, mise en scène, action…), cette version « naziploitation » parvient néanmoins à surpasser le deuxième opus Deliverance qui avait tout de même réussi à nous faire semi-pioncer avec son Far West fauché, ses fausses moustaches, ses coupe-vents trop propres, et son manque évident d’action et d’horreur graphique. Blood Reich comble en partie ces carences en donnant un peu plus d’ampleur à sa mise en scène : cinémascope, photographie élégamment désaturée(avec un budget pourtant similaire au précédent !), et cadre « historique » relativement plausible (toute proportion gardée…) même si on n’échappe pas, parfois, aux décors cheap trop propres pour être crédibles. Reste l’histoire pas franchement passionnante et le cabotinage général du casting, heureusement partiellement compensés par quelques séquences d’action (même si le meilleur se déroule au début du film…), un peu de gore et une pointe d’érotisme soft. Des arguments qui comptent pour nous et qui permettent de passer un excellent moment de divertissement pendant les 75 minutes du film.

Si vous n’avez pas envie de vous prendre la tête devant votre téloche et de « consommer » une péloche divertissante et sans prétention, ce Blood Reich est taillé pour vous. Les autres sont priés quant à eux de passer leur chemin. Signalons enfin la fin très ouverte à une quatrième suite : si elle parvient à maintenir le même niveau d’attitude fun que celui-ci, on est évidemment preneur !

 

 

Le Blu-Ray : 16/20

  • Editeur : Elephant Films
  • Distributeur : Zylo
  • BD-50
  • Format image : Ratio cinéma : 2.35, ratio vidéo : 16/9, Compression vidéo : AVC, 1080i
  • Format audio : DTS-HD Master Audio : français 5.1, Anglais 5.1
  • Sous titres : Français

Un encodage du blu-ray sans défaut : la copie parfaite nous propose une image au piqué exemplaire bien qu’en simple 1080i. Les teintes désaturées du film sont parfaitement retranscrites et les noirs profonds appuient le travail du chef opérateur sur les contrastes bien particuliers du film. Du détail et une colorimétrie pointue : l’essentiel de ce que l’on exige du support HD répond présent à l’appel.

Côté son on mise sur l’efficacité mais sans véritable effusion sonore, que ce soit en V.O. ou en V.F. Le film ne s’y prête de toute façon pas vraiment, l’action étant souvent minimaliste. Les dialogues restent tout de même très clairs et la spatialisation sonore équilibrée et puissante quand nécessaire. Pas une référence en la matière mais le service minimum est amplement assuré !

Un sympathique making-of d’une vingtaine de minutes en guise de bonus (uniquement sur le dvd) : pas de langue de bois mais un retour du réalisateur sur la réputation catastrophique que ce dernier se traine depuis quelques années (une pétition est en ligne sur le web pour exiger du réalisateur qu’il arrête de tourner des films ( !)), et l’occasion de juger des relations et des caractères opposés de Boll et son actrice principale : lui, lucide, persuadé que son public veut du gore et du cul (il a bien raison..), et Malte, naïve ou prétentieuse, qui tente d’imposer un peu d’épaisseur psychologique bidon à son personnage pour éviter d’avoir à se dessaper devant la caméra. Un moment savoureux qui donne le ton sur la vision cinématographique du réalisateur !

Nicolas C.

 

 

 

 

 

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