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The Bunny Game

 

Le film : 17/20

  • USA - 2010
  • Budget : -
  • Production: Death Mountain Productions
  • Réalisation : Adam Rehmeier
  • Avec Rodleen Getsic, Jeff F. Renfro, Drettie Page …

Le parcours autodestructeur de Bunny, une prostituée toxicomane qui erre dans le Manhattan underground, cyberpunk et violent des années 2000, en quête de clients pour satisfaire son addiction aux substances stupéfiantes. Au détour d’une mauvaise rencontre, elle se fait enlever et subit les pires sévices d’un psychopathe qui la met face à ses propres démons…

Précédé d’une réputation sulfureuse et d’une interdiction en Angleterre, Bunny Game débarque en France en toute discrétion via Elephant Films, sans surfer sur la vague "Video Nasties" qui avait précédé la sortie mondiale de A Serbian Film (d’ailleurs chez le même éditeur Elephant…). Premier constat à la vision du film : hormis une première scène choc de fellation non simulée, le film n’use que très rarement de l’agression visuelle que peut procurer le cocktail cul/gore. Peu ou pas de sexe et d’horreur graphique donc, mais un choix tout autre qui consiste, comme dans Massacre à la Tronçonneuse, à jouer des hurlements des victimes, de leurs visages apeurés, et des rictus des bourreaux, aux frontières de la folie. Une formule implacable appuyée par un montage chaotique véritablement éprouvant et perturbant. Un montage qui ne doit d’ailleurs rien au hasard ou à un quelconque choix de mise en scène faussement amateur, prise sur le vif et appuyée par une image cradingue. Ici le montage est rigoureux et travaillé, tout comme le cadre et la photographie qui s’appuient sur des angles de prise de vue méticuleux, parfois audacieux et toujours très efficaces. Une performance technique d’autant plus notable qu’elle n’est due qu’à un seul homme, Adam Rehmeier, qui occupe la place de scénariste, réalisateur, cadreur, monteur et compositeur ! On vous conseille donc de vous préparer à vivre une expérience intense car le film risque de vous plonger littéralement dans un état second, comme peuvent le vivre eux-même les différents protagonistes de l’histoire. Une démonstration qui s’appuie bien évidemment sur les prestations hallucinantes de Rodleen Getsic, Jeff F. Renfro et Drettie Page, trois personnalités complètement borderlines (voir le making off…) et tellement investies dans leurs personnages qu’on les soupçonne de flirter réellement aux frontières de la folie : les scènes de crudité sexuelle et de violence physique et psychologique sont toujours d’une telle intensité qu’elles ne peuvent être intégralement simulées…

The Bunny Game mérite-t’il donc vraiment cette réputation de film extrême ? Oui si on se base, comme nous l’avons dit, sur l’impact psychologique que génère la vision du film, beaucoup moins si on tient principalement compte de la violence graphique. Le film est assez malin pour suggérer plus qu’il ne montre : l’atmosphère malsaine fait le reste et nous pousse simplement à imaginer l’horreur, un peu comme dans la scène de douche de Psychose ou la putride scène du repas dans Massacre à la Tronçonneuse. Sanglante ou non, l’expérience de Bunny Game reste à réserver à un public averti : impressionnante et assez rare, elle s’inscrit parmi les incontournables du genre et mérite amplement d’être découverte.

 

 

Le Blu-Ray : 15/20

  • Editeur : Elephant Films
  • Distributeur : Seven7
  • BD-25
  • Format image : Ratio cinéma : 1.78, ratio vidéo : 16/9, Compression vidéo : AVC, 1080i
  • Format audio : DTS-HD Master Audio : français 5.1, Anglais 5.1
  • Sous titres : Français

Une image au piqué exemplaire et aux contrastes poussés qui valorisent parfaitement la photographie du film. La copie ne présente aucun défaut et l’encodage en 1080i ne souffre pas de problèmes de compression malgré un simple BD-25.

Un transfert de qualité qui mérite l’investissement ! DTS HD-MASTER AUDIO pour la V.F. et la V.O. : Un bon point à l’heure où certaines majors (voir du côté la Warner…) continuent de proposer du simple dolby digital pour la piste française… Ne vous attendez cependant pas à un déferlement d’effets sonores mais à une parfaite gestion de l’ambiance malsaine et claustrophobe du film : musique en arrière plan, hurlements et dialogues en avant, la spatialisation est surtout frontale. Il s’agit avant tout d’établir une ambiance et non pas de devenir une démo de home cinéma…

Un making-of saisissant composé de simples interviews où le réalisateur et les acteurs se livrent à quelques confidences sur les difficultés d’un tournage où l’implication physique et psychologique est totale (Quand on les écoute se livrer avec tant d’engagement, on est presque surpris que personne n’ait fini le tournage à la morgue…). En complément un « clip » tordu d’une chanson de Rodleen Getsic (dans la ligné du film lui-même…) et quelques bandes annonces de film de l’éditeur.

Nicolas C.

 

 

 

 

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