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Bunraku

 

Le film : 09/20

  • USA – 2010
  • Budget – 25 000 000 $
  • Production : Picturesque Films
  • Réalisation : Guy Moshe
  • Avec Josh Hartnett, Demi Moore, Woody Harrelson…

Un mystérieux vagabond à moustache, accompagné d’un jeune guerrier japonais, arrive dans une ville terrorisée par de dangereux criminels tout en rouge. Remontés comme des pendules les deux étrangers vont unir leurs forces et leur maîtrise de la baston qui claque pour mettre un terme au règne corrompu de l’infâme Nicola et de son armée d’assassins…

Voilà donc que débarque en France ce curieux Bunraku. Intrigué par les trailers promo réussis que nous avions pu découvrir sur le net, on s’attendait bien évidemment à une conséquente sortie en salle ricaine. Pourtant, après quelques avant-premières, le film est très rapidement (moins de trois mois plus tard) bazardé sur le marché de la vidéo ! Même destin en France puisque le film débarque directement en dvd/blu-ray chez Seven7. Comment un film au budget conséquent (25 millions de dollars tout de même) et au casting plutôt prestigieux (Hartnet, Harrelson, Perlman et la toujours sublime Demi Moore…) peut-il se vautrer au point de connaître une carrière aussi chaotique et minimaliste ? La réponse nous l’avons en grande partie sous les yeux : Bunraku est tout simplement un énorme ratage et un gigantesque gâchis d’idées brillantes, ensevelies sous les conséquences d’un scénario trop foireux pour passionner. On aurait pourtant dû se méfier en découvrant l’identité du scénariste Boaz Davidson, big boss de chez Nu Image et scénariste d’un paquet de D.T.V moisis qui remplissent les bacs des Cash-Machins (au hasard : Octopus 2, Air Panic, Alien Hunter, PrédatorMan, Air Strike… que du très lourd donc…). Le constat est pourtant sans appel : l’histoire n’est finalement prétexte qu’à une longue série de bavardages sans enjeux et sans intérêts, ponctués de trop modestes moments de bravoure guerrière. Il y avait pourtant de quoi remporter un véritable pari technique avec des décors au visuel original, proche des univers bandes dessinées de Sin City (pour le découpage du cadre inspiré des cases B.D.) et Dick Tracy (pour l’univers décalé et coloré qui nous propulse instantanément hors de la réalité). Un monde original mis en avant par une somptueuse photographie : de quoi parier sur un succès assuré, c’est d’ailleurs sur cette originalité et sur cette vogue que s’est construite la réputation du film. Mais un chouette emballage ne suffit pas forcément à déplacer les foules et à faire exploser le box office : Bunraku en est le parfait exemple. C’est donc un ennui profond qui domine la majorité du métrage : dialogues interminables et indigestes, cabotinages en pagaille, personnages inexistants, et un manque de rythme flagrant que la voix off omniprésente n’arrange absolument pas… Même le sympathique casting du film n’a jamais paru aussi fade : à se poser de réelles questions sur l’éventuel travail de direction d’acteurs… La péloche s’apparente donc pour nous à une énorme déception et ne parvient jamais, malgré tous ses efforts, à injecter ne serait-ce qu’un peu d’enjeux dramatiques ou de folie narrative à son scénario. On décroche donc très rapidement, à suivre les états d’âme des deux héros continuellement plongés dans l’expectative et on attend que le film se réveille enfin un peu pour titiller à nouveau notre intérêt. Il n’y parvient malheureusement que trop ponctuellement, au détour de quelques séquences de combats sympathiques mais sans panache (quelle mollesse dans le montage et la chorégraphie…), pour sauver ces presque 120 minutes ( !) de métrage de l’ennui…

On comprend dès lors l’embarras des producteurs, à hésiter sur une distribution en salle de peur de se prendre un bide phénoménal. Plus prudent et moins casse gueule, une simple sortie plus modeste en D.T.V. « de luxe » peut effectivement permettre de créer l’évènement dans l’actualité vidéo. C’est pourtant oublier un peu vite que les progrès technologiques et la démocratisation du home cinéma ont rendu les consommateurs de péloches à domicile aussi exigeants que celui des salles obscures… En attendant le verdict du public Bunraku risque fort d’être mis entre parenthèses avant de prétendre, avec le temps, à obtenir le statut de curiosité culte. Il y aura dans tout les cas toujours quelqu’un pour le sortir du placard d’ici quelques années : peut-être bien nous même ! En attendant…

 

 

Le DVD : 14/20

  • Editeur : Seven7
  • Distributeur : Seven7
  • DVD-9
  • Format image : Ratio cinéma : 2.35, ratio vidéo : 16/9 compatible 4/3
  • Format audio : Dolby Digital : Français 5.1, Anglais 5.1
  • Sous titres : Français

Une image assez standard qui souffre un peu des restrictions de compression du format dvd (l’espace disque du film n’occupe pourtant que 5,5 GB : soit pratiquement 2GB inutilisés…). Le piqué est évidemment un peu limité et nous laisse un peu sur notre faim : on commence sérieusement à s’habituer à la haute définition ! Les couleurs restent tout de même agréablement saturées, la copie parfaitement propre et l’encodage sans défauts particuliers…

Du Dolby Digital en V.F. et V.O. convaincant et efficace qui nous immerge parfaitement dans l’univers particulier du film. Les scènes calmes sont claires et nuancées, l’action dynamique est parfaitement restituée par les surrounds. Une spatialisation efficace qui ne manque pas de panache ! Pas de bonus à part quelques bandes annonces promotionnelles.

Bien dommage de n’avoir pas accès à un peu de matériel supplémentaire concernant un tel projet...

Nicolas C. 

 

 

 

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