_______________________________________________________________________

 

Cannes 2011 : Marché du film

 

…Et un festival de plus pour l’équipe de Maniacs et toujours plus de difficultés pour accéder au marché du film ! Le Saint Graal de l’amateur geek de D.T.V. a bien failli cette année nous passer sous le nez, on avait même à vrai dire pratiquement renoncé à préparer ce dossier 2011 tant le service de sécurité du festival se montre impitoyable avec les accréditations sans prestige et les restrictions qui en découlent. Après nous être fait refouler copieusement pendant plusieurs jours on finit pourtant par accéder à l’espace Riviera du Palais. À un jour près du départ autant vous dire que l’on n’est pas passé loin du ratage intégral… Il n’y a pas foule pourtant en cette première fin de semaine du marché : un constat étrange puisque c’est généralement dans les premiers jours que s’effectue le plus gros des transactions (il n’y a qu’à se balader dans les allées pendant les derniers jours du festoche pour se rendre compte qu’une bonne partie des boites de prod’ s’est déjà fait la malle…). Une fin de matinée tranquille donc qui nous permet d’aller à la pêche aux infos et aux nouveautés !

Comme d’habitude on attaque par le stand de Nu Image/ Millenium Films : pas d’immenses changements par rapport à l’année dernière puisque l’on retrouve des flyers de films déjà présentés : le Kane & Linch avec Bruce Willis et Jamie Foxx et le Spiders 3D sont toujours à l’honneur tandis que le relief continue d’inspirer les producteurs avec Hercule 3D (pour surfer aussi sur la vague Conan...) et The Texas Chainsaw Massacre 3D. Autant dire que pour ce dernier, on reste foutrement dubitatif quant à l’intérêt d’en produire un nouvel opus avec ce procédé… Bouse cosmique ou coup de marketing génial ? Réponse dans les salles américaines d’ici l’été 2012… Préview également pour Expendables 2 : après la petite déception du premier opus, on garde toujours l’espoir de se taper un bon D.T.V. sur grand écran et l’on mise sur cette suite ou VanDamme rejoindrait, parait-il, les rangs du casting « Best of action 80’s ». Si on pouvait au passage se récupérer un Michael Dudikoff et un Olivier Gruner dans le lot…

Toujours aussi prolifique, le catalogue Asylum nous en livre pour notre pognon ! Du côté des preview il faudra compter sur Super Cyclone, un disastertainment où d’immenses tornades traversent les Etats-Unis en balayant avions et buildings : un sujet d’actualité qui va malheureusement servir le service marketing de Asylum… Vous aurez aussi droit à du Créature Feature avec 2-Head Shark Attack (des mutations de plus en plus débiles : on adore !) où des rescapés d’un naufrage sont confrontés à un tsunami et à un requin à deux têtes. Reste à savoir si on aura droit, du coup, à deux fois plus de gore et d’action : a priori c’est pas gagné… Prévu quant à lui pour 2012, le BigFoot continue régulièrement d’alimenter le genre. Pas aussi prolifique que le requin ou le serpent, il inspire tout de même les producteurs qui arrivent en général à exploiter avec efficacité (et économie…) les décors naturellement menaçants de la forêt. Cette fois le Bigfoot s’attaque carrément un festival de musique ( !) dont le promoteur va chercher à capturer la créature tandis qu’une bande de hippies tente, en parallèle, de protéger « l’espèce menacée ». Un pitch de malade qui nous bidonne avant même d’avoir vu la moindre image… Du côté de la thématique « horreur » les démons ont la côte : après Exorcism : The Possession of Gail Bowers, voici AnneLiese : The Exorcist Tapes, un faux documentaire choc qui pioche également du côté de Emily Rose mais s’inspire aussi du récent carton du Dernier Exorcisme. Dans le même registre le catalogue nous propose également A Hauting in Salem où un jeune shérif est confronté à une vieille malédiction et à une entité fantomatique qui menace de foutre un sacré bordel dans la nouvelle demeure familiale. Le film est évidemment inspiré de faits réels… Un autre genre avec les zombies qui n’en finissent pas de remplir les tiroirs caisses, et comme Walking Dead cartonne sur nos petits écrans voilà que déboule au milieu de ces nouveautés un chouette Zombie Apocalypse où un groupe de survivants tente de se frayer un chemin (infesté de zombies évidemment…) jusqu’à Catalina Island le dernier bastion humain. Les visuels promotionnels claquent un max mais aucune prise de vue réelle à se mettre sous la dent (le film est encore en tournage) : méfiance donc… On finit avec les fameux copier-coller de blockbusters dont Asylum s’est fait une incontournable spécialité. Comme d’habitude pas de souci pour refourguer des titres destinés à piéger le consommateur lambda comme ce Almighty Thor où vous pourrez toujours essayer de dénicher la présence de Nathalie Portman ou Anthony Hopkins. En revanche si vous kiffez les vieux has been à la tronche ravagée, vous pourrez toujours vous consoler avec la présence de Richard Grieco, en attendant d’avoir un peu d’infos supplémentaires sur les réelles qualités de ce D.T.V. à la jaquette trop réussie (apocalyptico-couillu…) pour être honnête… De l’honnêteté on ne la trouvera certainement pas non plus du côté de Battle of Los Angeles qui tape, à un « of » près, dans le sillon de la prod’ friquée mais foireuse de Jonathan Liebesman et de son invasion extraterrestre au cœur de la cité des anges. Ce remake aura au moins l’avantage dans tout les cas de ne pas être plus pourrave que l’original…

Autre incontournable du marché Cinetelfilms semble en panne d’inspiration ou de pognon tant les nouveautés se font franchement rares pour cette édition du marché. On pourra tout de même se consoler avec ce Snowmageddon, un chouette titre à la con pour un scénario tout aussi nawak qui navigue entre le disastertainment classique et le fantastique cérébral à la The Box. Une famille se voit offrir une boule à neige, exacte réplique de leur petite ville, qui possède le pouvoir d’agir sur l’environnement : quand on agite la boule, il neige aussi sur la vraie ville, mais quand cette dernière se casse la gueule et se fend c’est l’apocalypse qui se déchaîne dans notre « réalité ». Pas sûr que l’on risque le claquage de neurones avec un picth pareil mais si le traitement est suffisamment fun on pourrait au moins se marrer un peu ! Les monstres sont évidemment aussi à l’honneur avec Camel Spiders où des araignées mutantes débarquent en Arizona via le cadavre de soldats morts en Irak. Un scénario vachement original doublé d’un rôle de shérif moisi pour C. Thomas Howell (une sacrée carrière barrée en cacahuète…) mais le flyer nous promet un final dans le style d’Alamo : si on se base sur le visuel de ce dernier, complètement naze, on a toutes les raisons de ne pas y croire une seule seconde… Retour enfin de The Philadelphia Experiment, vague remake de l’original 80’s avec Michael Paré. Cette fois le USS Eldridge se matérialise de ville en ville pour foutre le bordel : une scientifique dont le mari est piégé à l’intérieur du bateau cherche une solution pour stopper ces sauts temporels… Budget oblige, on imagine déjà que l’action du film ne se fera pas sur le croiseur mais dans des bureaux dépouillés où une poigné de scientifiques chercheront une solution pendant près de 90 minutes…

C’est un peu le bordel du côté du stand de York Entertainment : les visuels se chevauchent, les genres se mélangent et les nouveautés se planquent dans les présentoirs. En parcourant le catalogue, on découvre que c’est le genre « urban action » qui domine les ventes : des « gangsta-polars » bourrins à base de casting black largué au cœur du south central de Los Angeles. Des films très ciblés qui ne débarquent que rarement du côté des éditeurs français mais qui doivent certainement cartonner au U.S.A. si l’on considère le nombre de titres disponibles. L’horreur et le fantastique sont tout de même représentés par quelques nouveautés ! Avec The Haunting of Marsten Manor, qui nous est présenté comme un croisement entre La Colline a des Yeux et La Maison du Diable (le classique de Robert Wise), C. Thomas Howell semble s’enfoncer toujours plus dans la spirale infernale du D.T.V. moisi. Même le visuel du film, bien naze, nous incite à passer au suivant… The Red Cell semble en apparence jouer la carte du gore hospitalier où un psychopathe exécute de terrifiantes expériences médicales. Les quelques photos noir et blanc pas très nettes, au dos du flyer, ne nous aident pas beaucoup à nous faire une idée de l’efficacité « sanglante » de ce D.T.V. Au grand jeu des comparaisons, dont York semble s’être fait une spécialité, le film est présenté comme un croisement entre Saw et Hostel : soit un croisement vachement original et pas très engageant… On déniche aussi la rencontre entre Matrix et X-files (!) avec Circadian Rhythm, un cyber-thriller à l’accroche bien pourrave : « ils ont effacé son passé, maintenant elle se bat pour le futur », du lourd donc pour un D.T.V qui n’inspire pas grand-chose d’autre qu’une arnaque sans intérêt à l’action ultra molle. Ceci dit, on retrouve quand même en tête de casting Rachel Miner, la secrétaire gothique bandulatoire de Californication. C’est déjà ça de gagné…

Chez Américan World Pictures on n’aime pas se faire piquer ses flyers par autre chose que des acheteurs alors on les planque, ce qui n’est pas très pratique pour nous autres qui nous retrouvons bien emmerdés pour déterminer « les mises en avant » du catalogue de l’éditeur. Le stand affichait tout de même les visuels de Dragon Wasp et de sa guêpe géante prête à se friter avec une bande de militaires, de Jack the Reaper avec Tony « Candyman » Todd, ou de Jabberwocky, une bétise moyenâgeuse à base de dragon et de titre ringard. Signalons enfin que nous avons réussi à leur piquer quelques trucs à l’heure de la pause de midi (faut bien bouffer un moment ou à un autre) dont le sympathique visuel de Spirit Hunter où « les chasseurs deviennent les chassés ». Pour nous filer la trouille, il faudra nous trouver une argumentation moins naze que celle-ci d’autant que le pitch ne vaut pas une cacahuète : une équipe tourne une télé réalité sur des chasseurs de fantômes. Quand un des hôtes meure et devient un argument supplémentaire pour booster l’audience, les fantômes débarquent pour se venger de cet affront. Y a rien à dire, je pionce déjà… « La légende est vraie » nous dit aussi l’accroche de Boggy Creek ! On a surtout l’impression d’être devant un énième slashers pourrave pompé à Hatchet avec cette histoire de marais maudit où se cache une terrifiante créature… Si on avait su, on serait allé nous aussi taper la croûte…

Du côté de chez Vision films on ratisse large avec du bon gros documentaire qui fait pleurer (Into the cold, sur une expédition au pôle Nord dont on se fout complètement…), du polar ringard qui fait marrer (Blind Revenge avec une Daryl Hannah en total perdition artistique…), de l’action qui fait bailler (The Terror Expériment, une histoire de virus à la con, de terroristes pas sympas, et de technologies futuristes même pas wifi…) et de l’horreur qui commence à nous faire douter (The Sacred, des étudiants en vadrouille se frottent à une légende indienne au fond des bois : c’est sûr ça fait envie…) : c’est un peu pour ça que l’on ne croise jamais cette boite du côté de nos D.T.V. …

     

Chez Vantage média international on affiche par contre très nettement ses penchants pour l’horreur qui tache. The Zombie Farm nous renvoie directement à notre genre de prédilection fignolé à la sauce vaudou où une femme, pour se venger des violences conjugales de son salaud de mari, balance une grosse malédiction via une prêtresse qui va transformer son bourreau de mec en mort vivant : pas vraiment le résultat escompté ! Un Underground pas vraiment plus original voit une rave party dans un camp militaire désaffecté virer au massacre quand une bande de jeunes vétérans d’Irak se retrouve involontairement enfermée dans un bunker. L’endroit idéal pour croiser le chemin d’une créature génétiquement modifiée par les bidasses… au vu de la gendarmette les tripes à l’air, exibée sur le flyer, le film à l’air de charclé un minimum : c’est toujours ça de pris ! The Hike continue quant à lui d’exploiter le filon du militaire de retour au bercail (d’Afghanistan cette fois-ci) pour se frotter à la nature sauvage des campagnes anglaises. Pour changer un peu c’est une nana en uniforme mais comme la meuf revient de la guerre, elle a désormais la paire de couilles du guerrier ultime prêt à coller une énorme branlée au premier connard qui voudrait lui chatouiller le sous tif. Ça tombe bien puisqu’une bande de rednecks bien allumés est à ses trousses… Tout un programme donc, que l’on serait ravi de découvrir en galette française !

Même combat pour les canadiens de Horizon Motion Pictures qui tapent largement dans le filon Horreur / Baston. À commencer par Bong of the Dead annoncé comme le « Citizen Kane du film de Zombie » ? On y croit à mort au vu du pitch ultra Z qui lorgne du côté de la comédie gore made in Troma : en pleine apocalypse zombie deux potes découvrent que le cerveau des morts vivants est un incroyable fertilisant pour plantes qui pourrait leur permettre de créer une super marijuana : le duo embarque donc pour un « road trip » à la recherche d’engrais zombifié ! « Une comédie d’aventure et d’action absolument hilarante » nous balance le flyer : j’attends de voir pour y croire ne serait-ce qu’un instant… Pas facile non plus de juger, dans un autre registre, le visuel de Ninja’s Creed. Avec sa nana samouraï et son flingue encore fumant noyés dans un ciel rouge sanglant, on serait tenté de se laisser convaincre, d’autant que Eric Roberts et Pat Morita viennent à priori chauffer un peu la piste l’espace de quelques séquences. Reste le pitch : la fille d’un roi assassiné doit reprendre le trône de son père. Exilée au Etats-Unis elle va devoir affronter des assassins prêts à tout pour l’éliminer. Aux côtés de la garde royale, elle va dérouiller les salauds qui louchent sur l’accession au pouvoir royal… Raconté comme ça on pourrait y croire… Également à juger directement sur l’écran de nos téloches… On salive enfin devant The Lazarus Papers et son casting alléchant : Gary Daniels, Danny Trejo et Bai Ling pour un film d’action surnaturel au pitch de taré : un mercenaire flingue par accident un chamane et sa famille qui ressuscite dès le lendemain. Dans l’impossibilité de mourir ce dernier va chercher à comprendre les secrets de son immortalité pour briser la malédiction et se suicider tranquille peinard sans risque de retour involontaire du côté des vivants, un peu à la manière d’un jour sans fin ! Pour celui-ci on signe les yeux fermés !

Plein de titres à portée de main du côté du stand de Screen Média International. Prioritairement distributeur plutôt que producteur la boite affiche un nombre considérable de films d’horreur et d’action à son catalogue. Du côté des nouveautés on a déniché l’hybride Night of the Living Dead Re-Animation 3D ( !) Un mélange alléchant qui pioche du côté de chez Romero et du Ré-Animator de Stuart Gordon. Ça tombe bien puisque Jeffrey Combs est de la partie dans un rôle justement très « Herbert West ». Si l’on ajoute un soupçon d’Andrew « whishmaster » Divoff au casting, on se retrouve devant le flyer d’une péloche qui nous met en appétit ! Pas moins opportuniste Mask Maker table sur les bons vieux poncifs du survival et nous balance une poignée d’étudiants qui débarque en campagne texane pour faire la fête ! Quoi de mieux dès lors qu’un Michael Berryman (bien fatigué…) au casting pour faire le lien avec le genre : un choix qui ne risque pas de faire avancer positivement un genre déjà bien usé jusqu’à la couenne… Reste maintenant à exploiter le marché des « suites » toujours en bonne place pour faire du pognon : ça tombe bien puisque Toolbox Murders 2, le deuxième opus du remake de Toobe Hopper (relativement efficace…), est prêt à débarquer prochainement dans vos platines. Le réalisateur culte cède sa place à un inconnu qui hérite d’un scénario bien pourrave : on ressuscite donc le Tollbox Murder pour le planquer dans un nouvel immeuble de Los Angeles. Avec un pitch pareil, à moins de jouer la surenchère sanglante, c’est pas gagné du tout… Côté action enfin, pourquoi ne pas tenter un petit Assassin Code ? Un ex agent du gouvernement reprend du service après la mort d’un de ses collègues qui lui lègue quelques secrets d’état bien embarrassants pour le gouvernement… Avec un essaim de tueurs au cul, il va devoir à son tour sauver sa peau… Reste le casting qui fait peur : John Savage, Martin Kove et Christopher Atkins, un trio de gros has been qui ne risquent pas de foutre le feu aux scènes d’action. Pas certain de toute façon que cette péloche débarque un de ces jours en France…

Chez Lightning Entertainment on fait comme pour les magazines de presse française : on diminue d’un bon tiers la taille du format (des flyers) ! Une particularité anecdotique qui n’empêche pas la boite de nous proposer quelques nouveautés au visuel intéressant, à commencer par ce The Revenant qui nous propose l’histoire d’un soldat mort au combat qui se réveille… mort vivant ! Pour pouvoir consommer sa dose de sang quotidienne, il décide de nettoyer les rues de L.A. de ses dealers et de ses assassins : joindre l’utile à l’indispensable en quelque sorte… Un pitch qui nous rappelle vaguement le sympathique flic ou Zombie 80’s… forcément ça fait envie… On reste plus dubitatif devant One Way trip 3D qui nous propose de suivre 8 teenagers en vacances dans un camping suisse qui décident de se blinder la tronche à grands coups de champignons hallucinogènes. Lorsqu’un des fêtards est retrouvé la tronche en vrac au fond des bois, le reste de la bande cherche de l’aide et déniche une ferme isolée. Une aide providentielle qui se révèle pourtant fortement nocive à leurs Karmas… Tous les stéréotypes du survival avec une touche de champi en plus : reste à voir ce que cela pourrait donner d’intéressant à l’écran… Machete et ses potes Desperado ont fait aussi des petits clones avec ce El Narco qui fleure bon le nanar intersidéral. De retour dans son patelin sans histoire, après 20 ans de vie au USA, Benny découvre que la tranquillité de sa petite ville a cédé la place à la violence urbaine et aux dealers. Après avoir replongé du côté des gangs, Benny veut se racheter une conduite à grands coups de flingue et de destruction… En gros il n’arrive pas à se décider ce brave Benny, et nous aussi du coup, on n’est plus très sûr d’être intéressé par sa péloche : le flyer avec son « héros » sur un tas de cadavres était pourtant plutôt poilant…

Du Mexicain toujours, mais cette fois-ci du côté de Camelot Entertainment et sur le mode de la parodie ! On retrouve donc Danny Trejo en mode « Machete » et Kevin Sorbo en ancien du Vietman/nettoyeur de piscine. Avec son affiche bien débile façon Police Academy et le look crétin de Sorbo en Rambo à gros flingues, on n’a peu de chance de voir débarquer ce Poolboy sur nos platines… Parodie toujours avec Attack of the Herbals où une étrange cagette de thé transforme les habitants d’un petit village de pécheurs en zombies hystériques. Avec son duo très Pegg/Frost (physiquement y a pas photo !) voilà une énième variation de Shaun Of The Dead qui pourrait être, pour le coup, la tasse de trop. Ceci dit, voir des pensionnaires de maison de retraite transformés en morts vivants affamés, ça ne se refuse pas… Plus sérieux (en apparence tout du moins…) Scavengers vise du côté de l’action/S.F. comme au temps des bonnes vieilles prod’ de Phillip Roth à la A.P.E.X. . Une équipe de mercenaires découvre une technologie alien qu’ils doivent protéger d’une autre bande de… mercenaires ! Ben oui, évidemment, mais c’est un peu court comme pictch tout de même… Avec son casting de gros loosers que personne ne connaît (sauf Sean Patrick Flanery, bien au fond du trou) et son flyer au visuel plongé dans l’obscurité, Scavengers pue tout de même l’arnaque à plein pif… Mais si un éditeur veut tenter le coup on est preneur !

Pour clore le chapitre des boites de prod’ ricaines, rien de tel qu’un petit détour du côté de chez Gorilla Pictures, le producteur/distributeur 100% action à gros flingues ! Des flingues justement il y en a dans Shadows In Paradise. Quand Mark Dacascos, ancien militaire, dépose les armes pour filer tout droit dans les bras d’une espionne russe, on se doute bien que les emmerdes ne vont pas tarder à débouler rapidos. Avec son casting de vétérants du D.T.V. (Armand Assante, Tom Sizemore, Bruce Boxleitner, Danny Trejo, Steven Bauer…) qui commencent tout de même sérieusement à se traîner des tronches de quinquagénaires plus très frais, Shadows semble taillé pour faire revivre les grandes heures des bonnes vieilles prod’ P.M. Entertainment que l’on déniche régulièrement pour moins d’un euro dans n’importe quel cash machin ! Produit en collaboration avec une boite asiatique Resiklo ressemble à un dangereux mix entre Transformers, Robojox et le pacte écologique de Nicolas Hulot ! Après une catastrophe écologique planétaire, une invasion extra-terrestre met notre bonne vieille Terre en péril. Une poignée de survivants se transforme donc en guerriers ultimes et combattent l’ennemi en recyclant les robots aliens abattus. D’après la jaquette « l’amour et l’espoir sont les meilleurs armes pour la survie de la planète ». Vaudrait peut-être mieux un bon vieux flingue pour tirer dans le tas… Malgré une sacrée dose de naïveté digne du journal de Mickey, la curiosité l’emporte une fois de plus et on croise les doigts pour voir débarquer ce Resiklo sur le territoire français.

Petite anecdote enfin concernant le stand Gorilla, puisque entre deux chapardages de flyers notre regard s’est subitement déporté sur le mec cerbère des lieux, en train de tailler la bavette avec un représentant franchouillard de chez Justin Bridoux/vin de table Villageoise (en apparence du moins et en espérant qu’il ne se reconnaisse pas…) Après quelques secondes d’hésitation (et après s’être discrètement rapproché pour zieuter son badge…) le doute n’est plus permis nous sommes bel et bien en présence du big boss de la baston 90’s version P.M., le seul, l’unique, l’oublié (sauf par nous) Don « the Dragon » Wilson ! La vache ! C’est donc avec une certaine émotion et un accent anglais toujours aussi merdique que nous sommes allés à sa rencontre en s’imaginant déjà lui narrer sa renommée hexagonale, c'est-à-dire à quel point ses dvd ne valaient pas tripette chez nous, tout en sachant que sa tronche sur une jaquette s’évaluait plus ou moins à une grosse piécette de 20 centimes… Bon en fait, on n’a rien dit du tout et on s’est contenté de le faire poser avec le badge Maniacs comme vous pouvez le voir juste ci-dessus. Mais tout de même bien pro et bien sympa le Dragon. De l’émotion pure quoi… Du coup on envisage de se retaper sa filmo en 4/3 et V.F. pour la chroniquer ensuite dans les pages de Maniacs. C’est sûr on va se marrer…

(La suite page suivante...)

Nicolas C.

 

Page suivante

 

 

 

cannes 2011 part1