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Cannes 2011 : Marché du Film (la suite...)

 

Un petit détour du côté de la Russie cette fois-ci avec le catalogue de Sovexportfilm. Au programme de l’animation (plein, et de la bien moche en plus…) mais aussi de magnifiques drames sur des frontons de mer noyés dans la brume (Passager from San Francisco, un titre plein de saveurs slaves…). Evidemment, hormis cette mise en bouche, on peut dégoter quelques D.T.V. de gros bourrins comme ce Hooked où des joueurs virtuels se matérialisent dans notre monde par l’intermédiaire d’un virus informatique. Un peu Tron à l’envers en quelque sorte… un pitch marrant et alléchant… Que demander de plus ? Et bien un autre film au sujet quasi similaire évidemment ! Ça tombe bien puisque We Are From the Futur 2 (et le premier alors, il est où ?) expédie des joueurs de jeux vidéos guerriers au cœur de la deuxième guerre mondiale. Ils doivent du coup véritablement se foutre sur la tronche tout en essayant de rejoindre leur époque et leur canapé de geek… Dans un autre genre, le film d’aventure médiévale fait généralement un carton. Reste que quand le budget s’avère très serré, le film est généralement rapidement expédié dans la catégorie des nanars indéfendables. Impossible par contre de se prononcer concernant Prince Yaroslav : un visuel soigné, des photos de tournage cadrées serrées. On n’est pas forcément très confiant mais avec un budget de 5 millions de dollars on peut tout de même espérer le minimum syndical, soit de la baston épique, de la tripaille, des costumes crédibles et peut être quelques paires de nichons en bonus… Même combat pour Eye For An Eye et sa Jeanne d’Arc bourrée à la vodka. Une invasion mongole, une guerrière qui cherche à venger la mort de sa famille et décide de bouter l’ennemi hors des frontières : ne manque plus qu’une petite conversation avec Dieu himself pour l’expédier direct sur le bûcher… On finit avec In Quest of the Enchanted Treasure, l’Indiana Jones local, qui ne se contente pas seulement de piquer la typo du titre de Spielberg mais expédie son « jeune homme » (c’est un Indy sans nom en faite) à la recherche d’un ancien artefact disparu tout en se coltant l’Allemagne nazie des années 40. Comme notre archéologue en herbe a le charisme apparent d’une huître, on n’est pas certain de vouloir connaître la suite de ses aventures…

Dernière ligne droite de ce dossier, et pas des moindres, avec un grand détour par l’Asie, toujours très largement représentée au marché du film. A tout seigneur… on commence donc notre balade en Thaïlande et plus particulièrement du côté de Sahamongkolfilm, les rois de la baston acrobatique et de la cascade de maboul. On ne présente évidemment plus la star maison Tony Jaa devenue star internationale par le biais de Europa Corp, distributeur de ses pellicules les plus réussies. Le stand est donc un incontournable de la quinzaine et affiche des visuels toujours aussi appétissants et prometteurs. Au menu cette année, Bangkok Knockout, mis en scène par Panna Rittikrai (responsable des scènes d’action de Ong Bak) qui nous promet un mélange de coups de latte inédits (capoeira, tai chi, taekwondo, kung fu, muay thai) où la crème des experts en arts martiaux se réunissent au Fighting Club pour partager leur passion. Victimes d’un attentat, ils se retrouvent confrontés à un tueur mystérieux qui va les pousser à lancer les hostilités et les coups de latte ! Le visuel, simple et épuré claque un max et nous promet de sacrés moments de bastons anthologiques. Un petit Tony Jaa à se mettre sous la dent, bien évidemment, avec Tom Yum Gongs 2, la suite de l’excellent Honneur du Dragon (en français), shooté cette fois-ci en 3D ! Même si on doute de l’intérêt du procédé pour un simple film de baston (on doute de la 3D de manière générale de toute manière), on est tout de même impatient de voir le Jaa distribuer des coups de latte juste devant notre nez ! Un peu plus de légèreté dans la mandale avec This Girl is Bad Ass et la petite prodige de Chocolat, Jija Yanin, une nana à la base pas du tout experte en art martial mais qui se révèle, après entraînement intensif, particulièrement impressionnante en situation de combat (voir Raging Phoenix chez TF1 vidéo…) Même si l’humour de la péloche risque de pencher sérieusement du côté prout, on est tout de même curieux de revoir la jeune combattante à l’écran.

La Thaïlande toujours avec Logo Motion Pictures qui fait une grosse promo de sa trilogie Spirits War, une histoire de magie, d’aventures, de chasseurs de fantômes et de plein d’autres choses dont on n’a, à vrai dire, pas tout compris ! Dans le doute on va dire, malgré un flyer un peu kitsch, que ce D.T.V. vaut certainement le coup d’œil ! On réserve l’autre (d’œil) à The Scout, une aventure qui voit une bande de jeunes camper dans un vieux temple pour profiter d’une éclipse de lune. Il vont devoir se frotter à une équipe archéologique pas très sympatoche mais décidée à retrouver le trésor perdu du temple. Un pitch un peu léger mais le cobra géant qui explose un pan de montagne en coursant les quatre potes couillons nous donne évidemment envie d’en voir plus ! Un petit détour du côté de la magie noire ensuite avec The Spell, une potion extraite du corps de femmes enceintes, vendue sur le net, qui permet d’envoûter les personnes sur lesquelles vous déposerez une simple goutte du précieux liquide. Le pitch est un peu con mais on veut bien que quelqu’un nous réserve une cagette de flacons : ça peut être utile. Une maison hantée et quelques fantômes pour finir avec Resident, tiré bien évidemment d’une histoire vraie. Un couple fraîchement marié et sans pognon décide d’acheter une veille maison au rabais dont personne ne veut… Voir le scénario d’Amityville pour connaître la suite !

Phranakorn Film (Thaïlande encore…) vise le filon de l’attaque animale avec The Intruder et nous propose l’invasion d’un immeuble par des centaines de cobras bien décidés à décimer la population résidente. Le visuel a de la gueule, reste à voir ce que le résultat et les FX vont bien pouvoir donner dans la version finale de la péloche… The Unborn Child retombe classiquement dans le paranormal avec une pseudo malédiction qui touche des bébés avortés dans une clinique illégale. En espérant que le film nous épargne le pamphlet moralisateur et puant du type « l’avortement c’est pas bien » auquel nous avions déjà eu droit dans le Re-Cycle des frères Pang.

Du côté de Jakarta et de l’Indonésie, Rapi Films nous propose une belle brochette de films d’horreur aux visuels très soignés. Virgin’s Shroud joue la facilité et vise la péloche fantomatique : quand Rasty et ses potes tournent une vidéo dans une gare abandonnée, ils se retrouvent confrontés à une présence surnaturelle qui commence à décimer les rangs de la bande d’amis… De l’ultra réchauffé mais on est, comme d’habitude, prêt à consommer si on nous propose notre grosse dose de revenante planquée dans le noir : Oui nous sommes très bon public… On aime d’ailleurs tant ça que l’on s’en repasse directement une couche avec Evil Rises ! Pour le pitch, il suffit simplement de lire le précédent et de troquer la gare contre une forêt ! Le tournage vire donc une fois de plus au cauchemar quand une des actrices se retrouve possédée par un esprit diabolique. Vision horrifique, trouille nocturne, malédiction, âme torturée… c’est la totale dans le registre des clichés mais quand on aime le genre on s’en tape, on fait abstraction et on ne compte plus (depuis un bon moment d’ailleurs et on en a visionné un paquet !). The Uninvited pour finir qui lorgne bien évidemment du côté du paranormal. Un jeune homme en manque de chance joue la carte du surnaturel pour se sortir de sa loositude (si ça se dit !). Manque de bol, il se retrouve dans une mouise encore plus terrible avec une collection de revenants qui lui collent aux basques. La grosse poisse pour lui et pour nous aussi qui risquons bien de nous taper une chouette collection de clichés à la chaîne…

Mvp Pictures, toujours pour l’Indonésie, avec un chouette dossier rempli de flyers pas franchement passionnants ! On pourra tout de même peut-être sauver du lot le rigolo Cosmo Queen qui nous propose de suivre trois nanas (Gina, Tari et la très chic Zizi ( !)) qui tentent de sauver les habitants d’un quartier défavorisé de promoteurs immobiliers bien décidés à raser les modestes baraques pour y installer de gros building bien moche. Bastons et humour gras au programme de cette modeste production qui sent à plein pif le budget fauché… The Chanting enfin, présenté comme le plus gros blockbuster de l’année 2006 en Indonésie ! Au programme une simple histoire de maison hantée pas vraiment originale : un emménagement dans une nouvelle maison, des cauchemars effrayants et un démon « Kuntilanak » bien décidé à faire craquer la jeune Samantha. Avec un pitch aussi naze le film a intérêt à dévoiler des qualités insoupçonnées. Scénario Incroyable, FX sidérants, casting exceptionnel : tout est bon à prendre. Ce dont on doute énormément bien évidemment…

Côté Japon Nikkatsu Corporation nous propose quelques films aux visuels alléchants. Yakusa Weaponnous est présenté comme une variation de Battle Royale avec bastons violentes, gangsters bourrins, et implants de pénis cybernetic (!). L’ensemble est concocté par l’équipe de Versus qui nous propose une histoire d’un yakusa exilé en Amérique du sud qui revient au pays après la mort de son père. Il découvre que celui-ci est victime d’un complot orchestré par son plus fidèle homme de main… Pas très original comme pitch, pas plus que le bras-sulfateuse du héros qui risque tout de même de faire quelques dégâts dans les rangs adverses. Comme d’habitude, on demande à voir ! Dead Ball a en revanche l’honnêteté de s’afficher comme un gros bousin, suite direct du déjà nullissime Battlefield Baseball. Avec son visuel très classe pioché du côté de Cashern le film ne fera pas illusion longtemps : il suffit de consulter le verso du flyer avec ses quelques photos pourraves pour se faire une idée de l’étendu des dégâts… Inspiré d’une B.D. dont personne n’a jamais entendu parler (pas dans nos connaissances en tout cas…) Tomie est quant à lui une histoire de fantôme bien banale. Quand Tsukiko perd sa sœur, très populaire dans son lycée, dans un accident elle devient la victime de violents cauchemars. Quelques années plus tard, à la date anniversaire de son 18ème anniversaire, Tomie revient d’entre les morts… Du réchauffé, depuis longtemps indigeste, que l’on espère un chouia sanglant comme le laisse entendre la jaquette promo du film bien craspec…

Du lourd pour la Corée et l’imposant CJ Entertainment. Avec ses visuels en relief kitsch mais sympas, la boite de prod’ affiche clairement ses intentions : surfer sur la vague de la 3D avant que le phénomène ne s’essouffle (rapidement, on l’espère…). Tarbosaurus 3D n’est pas comme on pourrait le croire un clone des productions Asylum mais une véritable production ambitieuse à l’époque des dinosaures qui confronte tyrannosaures et tarbosaurus, deux des plus imposants prédateurs parmi les bestioles les plus vicelardes. Avec un sujet pareil la post-production et les Fx ont intérêts à être chiadés… Sector 7, toujours en 3D, n’hésite pas lui, à isoler un groupe d’individus sur une station de forage pétrolier et un bateau, bloqués en pleine mer par un typhon. Face à l’équipage, une créature transparente qui a pour contrat de mutiler et décimer un maximum d’acteurs avant la fin du film. Les prévisions seront-elles tenues ? On l’espère car dans les films de couloirs on se fait généralement plutôt chier… Un Top Gun version coréenne avec Red Muffler, où un pilote se retrouve transféré d’une unité militaire aérienne à une autre pour cause « d’esprit rebelle ». L’équipe du F15K qui l’accueille fraîchement va devoir supporter cette personnalité à fort caractère qui va obligatoirement contre les règles établies… Gaulé comme un boys band le casting se grille directement côté crédibilité. Reste à voir les scènes aériennes qui pourront peut-être un peu relever le niveau. Pour arriver à la hauteur de Tony Scott il va falloir tout de même ramer sec… Une comparaison également valable pour The Tower qui louche sérieusement du côté de la Tour Infernale, le sommet indétrônable du film catastrophe. Quand un hélicoptère se crashe au sommet d’une tour un soir de réveillon et déclenche un énorme incendie, une équipe de supers pompiers débarque pour sauver les invités du barbecue géant. Le visuel, assez spectaculaire, n’est qu’un dessin de pré-production qui ne donne pas beaucoup d’infos sur le « résultat » final de ce disastertainment. En espérant que le film débarque un jour en France… De l’action enfin avec Quick qui louche du côté de Die Hard 3 avec un casque de moto avec minuteur qui menace d’exploser la tronche de son occupante si une série de messages ne sont pas délivrés en un temps donné. Conduite par un motard membre de gang avec en bonus la police au trousse, le couple infernal doit remplir sa mission sans perdre une seule seconde… Les tronches de cake des deux acteurs sur leur moto nous fait douter des qualités du film qui, du coup, semble loucher un peu trop prioritairement sur la comédie lourdingue : à vérifier pour faire la part du meilleur et du pire…

Nicolas C.

 

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