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Festival de Cannes: Le dossier 2013 !

 

Le festival de Cannes 2013 vu par l’équipe de Maniacs avec bien évidemment pour fil conducteur le marché du film et un focus tout particulier sur le cinéma de genre dans les diverses compétitions officielles et parallèles !

On rentre tout de suite dans le vif du sujet avec une première approche du marché via les principales boites de production et de distribution en provenance des Etats-Unis. C’est bien évidemment Nu Image/Millénium qui ouvre la marche : d’année en année le stand ressemble de plus en plus à un bunker ou Avi Lerner se retranche à l’abri des regards indiscrets ! Difficile donc d’en apprendre un peu plus sur la line-up autrement que par les affiches qui entourent la petite forteresse. Un teaser de Rambo 5 (est-ce bien raisonnable ?) et un autre de Expendables 3 (Stallone est presque devenu la star maison « prestige » de Millénium malgré ses 67 ans !), un autre pour Survivor avec Katherine Heigl et Clive Owen et un dernier enfin, bien kitsch, pour Hercule 3D réalisé par Renny Harlin. On aime ce réalisateur depuis toujours donc on attend de voir le résultat ! Pas la moindre promo par contre pour la filiale D.T.V. Nu Image, pas même un nouvel opus de Spider ou Octopus…Dommage…

Arclight Films est une boite que nous ne connaissions pas : avec ses filiales Easternlight et Darclight elle se permet en tout cas de viser large et de distribuer des films internationaux en tout genre. En projet, la nouvelle péloche de Donnie Yen, Spécial ID, qui devrait logiquement nous proposer un maximum de bastons brutales, tout comme Skintrade un buddymovie qui nous offre une collaboration de rêve : Dolph Lundgren / Tony Jaa, pour un film de vengeance et de gros flingues, encore à l’état de pré-production. Jet Li également en tête d’affiche avec Badges of Fury, un polar qui nous promet de l’action spectaculaire malgré les années au compteur que commence à cumuler Li. De l’horreur également au programme avec Wolf Creek 2, la suite de l’excellent film de Greg McLean, toujours aux commandes de cette suite. Deep Water 3D, encore simple projet, nous propose de son côté de suivre les survivants d’un crash d’avion égarés au milieu de l’océan et… des requins ; et Contracted voit quant à lui une jeune femme contracter (d’où le titre…) un virus mortellement dangereux… Le catalogue nous propose aussi un peu de science-fiction avec Heart of Darkness de Roger Donaldson (diablement en perte de vitesse depuis une bonne dizaine d’années…) qui transpose le scénario d’Apocalypse Now dans l’espace (pas de casting défini pour le moment…) et Predestination où un agent du gouvernement, joué par Ethan Hawke, voyage dans le temps pour repérer les futurs criminels : un mix de Minority Report et Time Cop en quelque sorte… Ayons enfin une petite pensée pour Nicholas Cage toujours plus proche de la case D.T.V. définitive avec deux projets d’action/sci-fi : Left Behind et Outcast. Pas certain que ces films puissent véritablement relancer une carrière en franche perte de vitesse….

Plus modeste Odin’s Eye Entertainment est une boite née en Australie pour s’expatrier jusqu’à Los Angeles, business oblige. La line-up 2013 vise principalement du côté de l’horreur et du thriller avec, entre autre, Lemon Tree Passage où le fantôme d’un motard incite à la prudence les jeunes conducteurs (génial le pitch…), Territorial propose quant à lui de suivre un groupe de bandits en fuite pourchassés par une force obscure. Pourquoi pas si le film est à la hauteur des ténébreuses photos dessinées de pré-production ! Stalled vise plutôt l’horreur parodique : l’accroche de l’affiche est explicite : Evil Dead rencontre Phone Game… dans les toilettes ! Un scénario qui résout en tout cas en grande partie les frais de casting et de décors…

       

Autre boite dont nous n’avions jamais entendu parler : VMI Worldwild qui nous propose une belle poignée de films aux visuels sympathiques et attractifs (c’est le principe remarquez…). Cottage Country nous vend une variation forestière de Very Bad Trip : si l’affiche sanglante aux poses parodiques est effectivement réussie, on est moins convaincu par le pitch simpliste qui risque de faire rapidement tourner l’intrigue en rond. L’occasion de constater également que la carrière de Malin Akerman (ex Watchmen) a rapidement quitté les blockbusters hollywoodiens pour des péloches nettement moins prestigieuses… Lundgren répond également présent avec Blood of Redemption : aux côtés de Billy Zane (un autre grand habitué du marché D.T.V. …) il va tenter de coller une grosse branlée au badguy de service interprété par Vinnies Jones (bis…). Testostérone, coups de latte et gros flingues au programme, reste à voir ce que cela peut donner au final… Wesley Snipes a, quant à lui, dû sortir de tôle puisqu’il se retrouve à l’affiche de ce Gallowwalkers. Avec une tronche pas possible de rasta-cowboy notre Blade has been va tenter de prendre sa revanche sur le gang qui a tué sa compagne. Action, horreur et fantastique : un cocktail qui nous fait généralement saliver, à condition que le budget (on parle tout même dans ce cas de 17 millions de dollars : du lourd pour un acteur à bout de souffle) ne soit pas foutu en l’air par un scénario inepte et un réalisateur manchot. À suivre de près lors de son arrivée sur le territoire français….À surveiller également, dans une moindre mesure, le thriller Wicked Blood avec l’increvable Sean Bean, et Grawl Bitch Grawl, dont le titre poilant nous propose de suivre une unité d’élite pourchassée dans des tunnels par une créature : pour l’originalité du sujet, c’est mal barré. Pour la barbaque et le fun, il faudra poireauter…

Chez Lightning Entertainment, on reste sur une impression mitigée face à un catalogue 2013 un peu trop tape à l’œil pour être honnête : à l’image du catastrophique The Jungle (voir ci-dessous) les péloches action/horreur du distributeur ne nous semblent pas très engageantes : Dead Drop réunit Luke Gross et Cole Hauser pour une vague intrigue d’agent amnésique qui cherche à comprendre les raisons de son trouble, flingue à la main bien évidemment… bof. Billy Zane, encore lui, s’incruste dans Scorned vendu comme un thriller sombre et revanchard dans la lignée de Liaison Fatale et Misery. Avec une baraque en guise de décors et un casting de seconde zone, on doute que la comparaison tienne bien longtemps la route… Reste The Occupants, enfin, dont le teaser papier sympathique ne parvient pourtant pas à nous piéger : une vague histoire de fantômes, de violence conjugale et de psychologie au rabais. "A new Kind of Terror" nous annonce la plaquette promo : pas certain qu’avec ce type d’argumentation lourdingue, ils parviennent à vendre leur film…

 

Marché du Film / The Jungle de Andrew Traucki

Apres les réussis Black Water et The Reef, Andrew Traucki revient avec une nouvelle péloche d'attaque animale. Un genre qui ne nous laisse pas indifférent du côté de Maniacs et qui nous a bien évidemment poussés à nous précipiter dans la salle du marché qui diffusait ce The Jungle. Le réalisateur choisit cette fois pour cadre la forêt indonésienne à la recherche du léopard de Jan. Première erreur : il tente d’utiliser le principe du "Found Footage" pour pimenter sa mise en scène. Une formule casse gueule qui s'empêtre souvent dans de longues scènes d'exposition avant de rentrer un peu plus profondément dans le vif du sujet et qui peut déboucher sur un ennui mortel pour le spectateur si le sujet n'est pas à la hauteur de ses ambitions. C’est malheureusement le cas ici même et on pourrait sans hésiter lui accorder la palme du pire film du genre (même le médiocre Welcome to The Jungle parait réussi à côté de celui-ci…). La salle ne s'y est d'ailleurs pas trompée puisqu'elle s'est vidée au deux tiers au bout de la première heure de métrage. Une réaction qui n’augure généralement rien de bon et pour cause : la menace parait franchement minable et minimaliste (un pauvre léopard « descente de lit » représenté par deux yeux lumineux dans l’obscurité : on a vu mieux comme prédateur implacable et effrayant...). On patiente donc en attendant que l'action et l’horreur décollent un peu de l’écran : hormis un miaulement félin qui déchire le silence (relatif) de la jungle, on subira surtout les soubresauts, sans raison apparente, d'une caméra elliptique et on baillera poliment devant tant de médiocrité. Et lorsque débarque enfin le vrai monstre en toute fin de pellicule (à peine identifiable furtivement l'espace d'une seconde : une sorte de singe géant / yéti ?) voilà que déboule à son tour le générique de fin !

Une énorme arnaque et une sacrée déception de la part d’un réalisateur que l’on considérait jusqu’à présent comme un excellent artisan de séries B efficaces. Pas de gore, pas d’horreur, pas de suspens et pas d’intérêt : un D.T.V. à fuir dès que vous le verrez (peut-être) débarquer dans les linéaires de vos fournisseurs dvd/blu-ray ? « Le spectateur est embarqué dans une aventure pleine de suspens, de terreur et de frisson » nous dit le dossier de presse de chez Lightning Entertainment. À croire que nous n’avons pas vu le même film… N.C.

 

Impressionnant ! C’est le premier mot qui nous vient lorsqu’on voit la teneur du catalogue 2013 de chez Asylum ! La boite de production ne semble donc pas connaitre la crise et accumule les projets, toujours essentiellement dans leurs créneaux de prédilections "AnimalsAttacks / Disastertainment" Difficile de tous les énumérer mais on peut citer en vrac quelques catastrophes naturelles qui devraient tenter de nous gruger par des jaquettes trop belles pour être honnêtes : 100° Below Zero avec Jeff Fahey et John Rhys-Davies (casting 100% D.T.V. …) dont on attend de voir comment les graphistes d’Asylum nous aurons concocté un Paris sous la glace crédible (ou pas..), 500MPH Storm avec Casper Van Dien (casting 100% D.T.V. …), à paraitre prochainement en France chez Zylo, où des ouragans géants dévastent la planète (avec en bonus un bout du Capitole sur l’affiche teaser que l’on risque bien de ne pas apercevoir dans le film…), 40 Days and Nights nous propose quant à lui une grosse montée des océans qui risque de dévaster toute trace de vie sur terre : va-t-on passer 90 minutes enfermés dans des labos ? Même problématique pour Super Cyclone où un météorologue va devoir trouver une solution pour éviter que l’est des États-Unis ne soit dévasté par un… super cyclone. Fallait y penser. En simple pré-production Asylum nous concocte également Age of Ice : c’est cette fois un tremblement de terre qui fout le continent africain en vrac. On nous promet un Kilimandjaro en miettes et des pyramides englouties sous des montagnes de neige. On n’y croit pas mais on attend de voir… Concernant les gloumoutes fignolés maison, on décerne la palme d’or à Atlantic Rim, démarquage de Pacific Rim. Si le film et ses bestioles de synthèse ne valent pas un clou, on se sera au moins bien poilé devant tant d’opportunisme franchement gonflé : y a pas à dire, ils n’ont pas peur du ridicule (et du procès) chez Asylum… Age of Dinosaurs nous ressort quant à lui un Treat Williams de la Naphtaline pour balancer quelques dinosaures pourraves dans les rues de New-York : une façon de surfer sur la ressortie en 3D de Jurrasic Park ? En vrac également Battledogs et ses loups garous, Jack the Giant Killer et ses bestioles qui tentent de faire illusion face au Jack the Giant Slayer de Bryan Singer, Shark Week et ses 7 requins qui taillent les rangs d’un Koh Lanta bidon, Sharknado et ses (encore) requins qui nagent, volent et rampent pour coller aux basques d’une Tara Reid à la carrière définitivement ringardisée, et, pour finir, Bigfoot et son… Bigfoot : on se demande quand même ce que Sherilyn Feen et Alice Cooper viennent faire dans cette galère… Impossible de faire le tour complet du catalogue mais il y a fort à parier que nous retrouverons prochainement la plupart de ces titres dans les linéaires de nos hypermarchés…

Il est chouette le stand de Multivisionnaire, et même si ses hôtesses sont un peu tendues à l’idée de nous lâcher un catalogue ou un badge promo à l’effigie de l’une de leurs acquisitions, on aime tout de même trainer du côté de leur fief… Concernant les nouveautés horrifiques, Zombie Island nous offre du mort-vivant philippin. Si le sujet n’est guère passionnant et nous rappelle aux bons souvenirs des péloches horreur/porno de Joe D’Amato et Jess Franco, le teaser papier enfonce le clou avec une affiche carrément ringarde. Du coup on a vraiment envie de la voir. Tout aussi enthousiasmant ce Confederacy of the Dead, en cours de tournage, où des soldats des guerres de sécessions viennent foutre le bordel dans les Etats-Unis de l’ère Obama. Peut être génial si le budget ne fout pas trop le bordel dans la crédibilité des zombies d’un autre siècle… Plus cérébral (même si le terme est peut-être un peu exagéré…) Devoured invoque des démons pour permettre à une mère de famille isolée de décrocher un travail et d’offrir à son fils une opération qui pourrait lui sauver la vie. Difficile par contre de se faire un avis sur le produit « fini ». On sera moins hésitant du côté des films d’action et tout particulièrement de Battle Earth. En pompant World Invasion : Battle Los Angeles, cette production canadienne visiblement fauchée se contente de faire courir une poignée de soldats au milieu de la campagne désertique. Pour l’environnement urbain et hostile de l’original il faudra chercher ailleurs, d’autant que le film est réalisé, écrit et produit par la même personne. À moins de casser une très grosse tirelire, on craint quand même le pire… Le pire également avec Bullets & Cookies une production portugaise qui navigue entre comédie et action ringarde. Si l’on tient uniquement compte de la tronche du casting sur l’affiche, à base de grimaces lourdingues, on ne saurait que trop conseiller de fuir ce film. Si les acheteurs potentiels ont eu du pif on pourra éventuellement y échapper…  

        

On découvre cette année Tombstone, une boite de distribution filiale de Archstone, spécialisée dans le cinéma de genre action/horreur/sci-fi : ça tombe plutôt bien puisque c’est notre créneau. Côté frisson Kantemir pourrait nous contenter amplement avec un sujet simple mais potentiellement efficace : des acteurs se retrouvent isolés dans une baraque étrange et plus ou moins hantée. "Quand la fiction devient un cauchemar éveillé" nous dit le pitch : avec Robert Englund aux commandes on peut en effet imaginer le meilleur…comme le pire du D.T.V. horrifique ! À surveiller donc… Avec le réalisateur Gary Jones (Spiders, Mosquito…) on est au moins garanti, faute de trouille carabinée, d’hériter d’une bonne dose de fun sanglant. Avec Axe Giant et sa légende de tueur monstrueux à la hache géante (d’où le titre…) on risque bien de se taper une péloche pop corn comme on les aime particulièrement à Maniacs. Ses araignées, crocodiles et moustiques géants nous avaient carrément emballés au début de ce nouveau millénaire : on attend de voir si 10 ans plus tard le réalisateur en a gardé un peu sous le coude… Les trois petits cochons à la sauce survival ! C’est le thème de ce Big Bad Wolf où un tueur maniaque course une poignée de bimbos au fond des bois. Même si l’affiche est plutôt réussie, on reste septique devant un scénario anémique et propice à engendrer une grosse bouse : on peut par contre se gourer complètement… C’est également quitte ou double du côté de l’action avec Sparks, une adaptation d’un comics qui semble largement loucher sur l’esthétique du Sin City de Frank Miller. Un pari risqué puisque Miller lui-même s’était planté en beauté avec son Spirit, certes joliment photographié mais tellement boursouflé de bêtises que le film en devenait douloureusement indigeste. Si le budget tient le choc et que le scénario ne vire pas de la carafe on pourrait tenir avec ce Sparks, une sympathique série b (voir l’excellente surprise Judge Dredd !). On est plus inquiet pour P-51 Dragon Fighter, où les alliés de la Seconde Guerre Mondiale se voient contraints d’affronter non seulement les nazis mais aussi des dragons ! L’affiche bien chouette à la "Règne du Feu" fait envie à notre platine blu-ray mais on craint tout de même que le syndrome Asylum (jaquette prestigieuse pour film pourrave…) ne fasse encore des ravages… Knight of the Dead nous propose quant à lui une énième déclinaison du genre Zombie (oui c’est encore possible !) avec des chevaliers escortant le Saint Graal et contraints de bastonner avec une horde de morts-vivants. On a vu pitch bien plus naze dans le genre alors pourquoi pas celui-là ? On retourne, pour finir du côté de l’Allemagne nazie avec Devils of War où un groupe de soldats des forces spéciales se retrouve piégé derrière les lignes ennemies. Une seule solution pour s’échapper : se foutre sur la tronche avec des supers soldats nazis traficotés pour être invulnérables. De quoi orchestrer un vrai shoot-em-up fun et violent, comme on en voit trop rarement en D.T.V. : la galette sera-t-elle à la hauteur de nos attentes ? On patiente et on croise les doigts pour une sortie française. Petite précision : tous ces films sont fraichement tournés ou en post-production…

 

Marché du film / A Pride Of Lions de Sidney J. Furie

Dur dur le retour de Sidney J. Furie quelques 25 ans après le cultissime Aigle de Fer ! Pour ce Pride Of Lions distribué au marché du film par Moonstone Entertainment, le réalisateur reprend à peu de chose près le pitch de son film phare et se contente d’inverser les rôles : cette fois ce ne sont pas les enfants qui vont délivrer les parents mais les grand parents qui viennent au secours de leurs petits enfants. Sur le fond rien n'a vraiment changé : la même idéologie nauséabonde, qui consiste à faire passer la majorité des musulmans pour une bande de terroristes sauvages, s’avère toujours au programme (avec cette fois une prédilection à coller les enfants en première ligne de front!) et reste le fond de commerce n°1 du réalisateur. Radical, réactionnaire et même pas second degré, il ne nous vient devant l’écran qu’une seule et simple réaction : un grand beurk. Sur la forme c’est tout aussi calamiteux. Avec 80 balais au compteur, le vieux Sidney ferait bien de raccrocher au lieu de nous infliger des âneries impardonnables : la mise en scène à la ramasse est aussi molle que son casting troisième âge bon pour la maison de retraite. Des protagonistes qui sentent la naphtaline et cachetonnent sans trop se poser de questions : de Louis Gossett Jr. à Margot Kidder en passant par Bo Svenson et Seymour Cassel, c’est un défilé de vieilles gloires semi-momifiées qui ne parviennent bien évidemment à aucun moment à être crédibles ou à nous arracher un sourire de moquerie. Même au troisième degré, voir une Kidder en papier mâché tirer avec des flingues, qui par leur puissance et leur recul devraient la coller sur orbite, fait peine face à tant de bêtises patriotiques et de haine raciale. Le budget achève l’ensemble en représentant l’Afghanistan via deux ou trois décors désertiques dénichés au Canada (!). Presque aussi fort qu’un film de cannibales Eurociné tourné en forêt de Fontainebleau… Séquences guerrières à la A-team (la série pas le film…), gros flingues en plastique et bagnoles qui « explosent » sans une égratignure sur la peinture... On nage dans les eaux sombres du gros nanar dépassé.

Si, dans la même veine, la pilule pouvait passer dans les 80’s grâce aux productions bulldozers mais très fun de la Canon (c’est d’ailleurs cette nostalgie qui nous a poussé dans cette salle…), elle est aujourd’hui bien difficile à avaler : en gros un D.T.V. à éviter de toute urgence s'il débarque un jour sur le territoire français ! N.C.

 

MPI Média nous a bien grugé aux projections du marché puisque nous n’avons pas été accepté (pas de presse aux projos) alors que d’autres sites web français ont eu accès aux salles ! On ne pourra donc pas juger à sa juste valeur le troisième opus de Hatchet qui nous tenait vraiment à cœur ! Avec un casting toujours 100% DTV (Danielle Harris, Kane Hooder, ZackCaligan, Caroline Williams…) Ce sont, cette fois-ci, carrément les SWAT qui débarquent dans les marais pour botter le cul de Victor Crowley, notre croquemitaine qui, l’air de rien, est en train de se tailler une vraie réputation culte. On nous promet beaucoup d’action et beaucoup de gore à l’écran : on espère ne pas être déçu et retrouver le fun qui caractérisait parfaitement les deux premiers opus, véritable retour à l’esprit 80’s du slashermovie. Du gore et du divertissement pour nous contenter : on est finalement pas difficile à rassasier ! Pas difficile non plus de nous interpeller avec Frankenstein’s Army qui nous raconte l’histoire d’un Frankenstein russe qui conduit des expériences pendant la Deuxième Guerre Mondiale pour créer une armée de soldats morts-vivants, nés de la fusion de la chair et du métal. Ok le pitch n’est pas forcément très original (le trip Nazisploitation est très à la mode ces derniers temps…) mais on pourrait, avec un peu d’efforts de la part du réalisateur, décrocher une péloche complètement déviante et parfaitement jubilatoire ! On est par contre un peu moins enthousiaste par Unidentified une sorte de Very Bad Trip à la sauce Sci-Fi où une bande de potes perd la mémoire à la suite de la découverte d’un fragment de métal inconnu. Les photos pourraves du teaser papier nous donnent surtout une impression de nanar fauché et de casting lourdingue. Plutôt bof donc. Bof aussi pour Here Comes The Devil un thriller horrifique espagnol qui louche du côté de la possession démoniaque. Surexploité, le genre commence aussi à nous gaver un peu : les yeux révulsés, les tronches tordues et les hurlements de terreur ne suffisent plus à nous contenter, surtout quand la réalisation sent l’amateurisme à plein nez…

Pas grand-chose à se mettre sous la dent du côté de Koan. Si le stand nous avait impressionné il y a quelques années, il parait aujourd’hui bien modeste avec peu de mise en avant des nouveautés : It’s in the Blood est l’un des 160 films que Lance Henriksen a dû tourner cette année : un "creature feature" qui incorpore des éléments de S.F., de mysticisme et de thriller. Bardé de prix en tout genre, le film semble être une bête de festival. On se méfie évidemment de ce genre d’autopromotion pas toujours très valable mais avec ces goules qui rampent à quatre pattes au milieu des bois, on se retrouve projeté illico dans un univers très 80’s à la Evil Dead. On doit certainement se fourvoyer en beauté mais on lui accorde largement le bénéfice du doute ! Time Runners a quant à lui intérêt à faire preuve d’originalité et de FX solides pour nous convaincre : avec son affiche spectaculaire / passe-partout et son pitch de S.F. apocalyptique associé à une enquête policière à la con, ce D.T.V. sent l’arnaque à plein pif. Un faux blockbuster qui risque bien de se transformer en simple enquête de couloirs… Curse of the Shadow vise quant à lui du côté de l’héroïc fantasy avec un visuel bien évidemment très Seigneurs des Anneaux (les orcs sont un véritable copier-coller de ceux de Peter Jackson…). Le scénario nous promet des batailles spectaculaires blindées de morts-vivants, de dragons, de monstres, de nains et d’orcs. On doute que le réalisateur ait pu bénéficier d’un budget de 100 millions de dollars pour mettre tout ce beau monde en place dans un univers crédible. C’est peut-être plutôt du côté des productions 80’s post Conan le Barbare qu’il faudra se référer pour se faire une idée du résultat final…

        

Il est sympa le catalogue de la boite californienne Fries Films : avec son bleu délavé et sa charte graphique un peu kitsch, il donne franchement l’envie d’aller voir chez n’importe quel voisin où les visuels promos en jettent un minimum… Arrêtons-nous tout de même un instant sur Hardhat où un croquemitaine sévit à grands coups de perceuse, de chalumeau et de pistolet à clous ! De quoi dégommer avec le plus grand plaisir une bande d’ados débiles qui ne trouvent rien de mieux à faire que d’organiser un week-end dans un hôpital abandonné au passé mystérieux… Pour la peine ils méritent tous d’y laisser des plumes… Billy Zane, on ne sait trop par quel miracle, arrive encore à porter des projets ciné sur son nom : même avec un budget dérisoire c’est tout de même un exploit qui mérite d’être salué ! Surviving Evil ne risque à priori pourtant pas de relancer sa carrière hollywoodienne avec son histoire de créature mythique des Philippines et son équipe de télévision paumée au milieu de la jungle. Un pitch qui sent le réchauffé, égaré quelque part entre le found footage à la Blair Witch et le survival à la Prédator. Des références "prestigieuses" auxquelles ce D.T.V. risque fort de ne pas faire honneur… Pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent côté action/horreur hormis la pré-production de The Dark, un thriller horrifique sur fond de séquestration et de torture ; et Hallow Pointe, une vague histoire de Loup-Garou… Bof donc…

Chez CinetelFilms on continue de secouer le généreux cocotier du disastertainment histoire de ramasser un maximum de pognon : il y aura toujours quelques geeks (comme nous) pour nous précipiter sur la dernière apocalypse à paraitre en D.T.V. ! Plutôt d’actualité Fire Twister confronte Los Angeles à des tourbillons de feu de provenance plus ou moins militaire : on imagine déjà les grands débats entre gradés qui permettent à la péloche d’atteindre les 90 minutes… Plus ambitieux (sur le papier…) mais pas plus original Earthfall impose à la Terre de quitter son orbite autour du soleil pour dériver dans l’espace. On se demande évidement comment la boite de prod’ va réussir visuellement à donner le change (certainement par des pirouettes graphiques tordues, comme à son habitude…). Même interrogation concernant Doom Planet qui voit le ciel nous tomber une nouvelle fois sur la tête : une poignée de survivants va tenter de fuir Los Angeles dans une cascade de plans serrés et d’interrogations métaphysiques… Tout compte fait, ne serions nous pas, peu à peu, en train de larguer notre "geek attitude" ?

On finit rapidos par notre coup de cœur nostalgique avec U.F.O. qui continue tranquillement, malgré une sévère perte de vitesse depuis quelques années, de rouler sa bosse à raison d’une ou deux nouvelles coproductions chaque année… Dracano nous colle Corin Nemec bien en haut de l’affiche, ce qui n’est pas très engageant, pour promouvoir une énième attaque de dragon échappé d’un volcan fraichement réveillé… Des grottes cheap et un faux Vin Diesel, voilà les seuls éléments "réels" que l’on peut discerner sur le fly promo du film. On craint donc, comme souvent, de ne jamais apercevoir les attaques impressionnantes entre avions de chasse et dragon au-dessus d’une ville en flamme… Même crainte pour Jet Stream et son affiche avec un chouette avion foudroyé au-dessus de l’océan : on y croit modérément même si la jaquette joue la carte de la modestie (ou la prudence ?) vis-à-vis de son scénario qui réduit à néant des villes entières, rasées par des vents dévastateurs…

 

Quinzaine des Réalisateurs / The Last Days on Mars de Ruairi Robinson

Un peu comme le Takashi Miike en sélection officielle, voilà que débarque un pur film de genre, produit par Universal qui plus est, à la Quinzaine des Réalisateurs. Une satisfaction de plus pour nous de voir que le festival quelles que soient les compétitions, ne s’enferme pas nécessairement dans le cinéma d’auteur parfois (souvent ?) prétentieux et dépressif. Une équipe de scientifique basée sur Mars est peu à peu décimée par une nouvelle forme de vie qui transforme chaque membre en « mort-vivant » contagieux… Un pitch de pure série B que l’on croise plus logiquement du côté du marché du film mais qui, avec un minimum de moyens financiers, peut faire parfaitement office de divertissement de luxe. Un genre et des ambitions modestes que l’on apprécie tout simplement à Maniacs ! La déception est donc douloureuse puisque cette aventure martienne, quelque part entre le Léviathan de George P. Cosmatos et le Ghost of Mars de Carpenter ne parvient jamais à nous emballer faute d’un suspens solide et d’un scénario moins chaotique qui oublie que l’empathie pour les personnages est la règle première pour adhérer à ce type de Survival à grand spectacle. Malgré un casting crédible sur le papier les acteurs défilent pourtant sans grande conviction, chargés de stéréotypes qui n’arrangent pas la crédibilité des caractères : le scientifique corrompu, le mec supercool de la bande qui parvient à sauver sa peau (on spoile un peu…) et la scientifique à fort caractère, véritable clone de la Ripley d’Alien dont on ne comprend pas pourquoi son personnage disparaît subitement du film sans que l’on puisse explicitement comprendre le sort qui lui est réservé. Une belle erreur puisque Olivia Williams, malgré un peu de cabotinage, s’avère le personnage le plus intéressant de l’équipe. Le décompte des victimes s’écoule donc régulièrement sans émotion particulière et sans frayeur spectaculaire : malgré quelques touches gore, les attaques de « mort vivants » restent confuses et peu efficaces.

On attendait donc tout de même un peu mieux de cette séance : même fan du genre et relativement bon public on est tout de même parvenu à trouver le temps tout aussi long que chez Wong Kar Wai. C’est dire. Une péloche qui pourra peut-être se rattraper un peu au format blu-ray (l’effet « film de festival qui concourt pour la Caméra d’Or » en moins…) mais l’erreur de casting de la part de la quinzaine est assez flagrante : le film, plutôt loupé, ne risque pas de donner raison aux initiatives « grand public » très louables du comité de sélection. The Last Days On Mars avait plutôt, pour le coup, sa place du côté du Fantastic’Arts de Gérardmer : On est beaucoup plus habitué là-bas à voir des pelletés de film foireux… N.C. 

 

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cannes 2013 01