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Chaw

(Chawu)

 

Le film : 14/20

  • Corée - 2009
  • Budget –
  • Production: Lotte Entertainment
  • Réalisation : Jeong-Won Shin
  • Avec Tae-Woong Eom, Yu-Mi Jeong, Yu-Min Jeong…

Un petit village tranquille de Corée du sud voit son quotidien chamboulé par la découverte d’un corps atrocement mutilé. Fraîchement débarqué de Séoul, un jeune policier mène l’enquête…

Monster attitude ! Après les mutations marines de The Host (un véritable succès publique et critique qui semble depuis faire office d’exemple à suivre…), la Corée accouche d’un nouveau « faux » film de genre avec Chaw. Ce sont, cette fois-ci, les sangliers qui sont mis à contribution pour perturber la vie tranquille d’un petit village isolé, perdu en pleine campagne forestière. Un choix qui n’est évidemment pas sans nous rappeler l’incontournable classique de Russel Mulcahy, le phénoménale Razorbak (on ne s’en est jamais véritablement remis…) où un phacochère semait la terreur et la mort dans le bush australien. Une influence logique que l’on retrouve d’ailleurs aux travers de certaines séquences et plus particulièrement au cours de l’épilogue dans l’usine qui se réfère au face à face homme/animal dans l’abattoir de l’original. La comparaison s’arrête là car Chaw n’est pas vraiment un film de monstre mais s’apparente plutôt à une comédie, une petite satire sociale où les protagonistes, véritable communauté d’anti-héros, cumulent les bourdes et les situations absurdes : un contre-pied qui désamorce instantanément les quelques initiatives de bravoure que les survivants tentent d’échafauder ! Un traitement identique à The Host donc, qui souffre cependant d’un scénario moins abouti dans la caractérisation de ses personnages : les situations comiques et dramatiques n’ont pas de conséquences et n’apportent aucune profondeur à la psychologie des personnages. On reste donc sur le ton de la comédie, réussie certes, mais sans autre ambition que de distraire (pas de soucis pour nous : on n’en demandait de toute façon pas plus…). Également pas la peine de chercher le frisson ou l’horreur glauque : les séquences véritablement horrifiques se font assez rares et les quelques effets sanglants grand- guignolesques sont de toute manière désamorcés par l’humour et les situations décalées de la plupart des séquences. Les apparitions du sanglier sont également traitées à la manière d’une comédie : peu impressionnant, mal foutu, il est régulièrement exposé dans son intégralité (en synthèse pourrave…) et se présente comme un animal presque maladroit qui passe son temps à se prendre des gamelles dans les ravins et dans les coursives à 90°. Pas vraiment une menace pour le casting donc, même si le tableau de chasse affiche un certain nombre de victimes : l’inverse de Razorback (on ne peut pas s’empêcher de comparer…) qui distillait une véritable tension horrifique avec ses apparitions furtives, mais effrayantes, de la bête.

Plus proche de Lake Placid que des Dents de la Mer, Chaw parvient tout de même à remplir son contrat : distraire intelligemment en usant du cinéma de genre pour parvenir à ses objectifs. Le générique de fin et sa présentation des personnages, façon série TV ringarde s’affiche comme un message : ne pas prendre au sérieux ces 90 minutes de situations tout aussi grotesques que drôles. Si vous adhérez à ces conditions vous passerez à coup sûr une excellente séance D.T.V. !

 

 

Le Blu-Ray : 11/20

  • Editeur : Opening
  • Distributeur : Aventi Distribution
  • BD-25
  • Format image : Ratio cinéma : 1.85, ratio vidéo : 16/9, Compression vidéo : AVC, 1080p
  • Format audio : Dolby digital : Français 5.1, Coréen 5.1
  • Sous titres : Français

Une image qui, de manière générale, manque de précision : la forêt souffre cruellement d’un déficit de relief dans les arrières plans. Le reste du métrage (action, scènes de dialogues…) n’est pas plus concluant et manque de générosité dans les détails. Un constat plutôt négatif pour une image HD qui semble avoir été passée au réducteur de bruit : les séquences nocturnes, tout aussi lisses, n’affichent d’ailleurs que très peu de bruit vidéo (on gagne en lisibilité générale ce que l’on perd en détails…). Signalons enfin que l’encodage du film ne permet pas d’afficher le format cinéma 24 images/s (50hrz d’après notre télé de test). De là à envisager que, faute de master HD, il ne s’agisse que d’un simple dvd upscallé…

Pas de piste HD à se mettre sous la dent mais de simples pistes dolby digital. Un constat encore une fois un peu décevant pour un support blu-ray même si ces dernières s’en sortent tout à fait honorablement : les surround savent se faire entendre quand il le faut (les attaques animales, les scènes d’action…) tandis que les dialogues restent toujours parfaitement audibles, en harmonie avec le reste des effets sonores. Pas un incontournable de votre ampli audio mais le mixage reste honnête…

Une bande-annonce comme bonus. Le service minimum qui nous laisse bien évidemment un peu sur notre faim….

Nicolas C.

 

 

 

 

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