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Cornered!

 

Le film : 07/20

  • USA - 2009
  • Budget – 3 250 000 $
  • Production: Maze film
  • Réalisation : Daniel Maze
  • Avec Steve Guttenberg, James Duval, Elizabeth Nicole…

Une bande d’amis se barricade dans un petit commerce pour organiser une soirée poker. Un mystérieux invité surprise joue les trouble-fêtes à grands coups de scie circulaire…

Le cinéma horrifique n’en finit plus de recycler ses classiques : si l’influence du slasher 80’s basique n’a jamais véritablement décliné, une nouvelle forme d’horreur « torture / gothique» a fait son apparition avec la franchise Saw. Une opportunité pour les producteurs de surfer sur de nouvelles modes et de blinder leurs visuels promotionnels de ces références capables d’attirer un large public. Les films ne sont évidemment pas meilleurs pour autant et passent même généralement pour de belles arnaques pour lesquelles on se contente de soigner « l’emballage ». Cornered fait malheureusement partie de cette catégorie : produit et réalisé par Daniel Maze, un belge décidé à concrétiser son rêve américain, ce slasher basique ne risque de passionner que les derniers irréductibles du genre, toujours à l’affût de collectionner un charclage inédit. Pour le reste c’est du 100% archi-vu, avec la longue découverte des protagonistes, l’isolement du groupe, puis l’intrusion de l’assassin arme blanche en main… Le film ne décolle donc jamais vraiment et il vous faudra tout de même poireauter près de 40 minutes pour assister au premier meurtre, trop soft pour nous sortir de notre sentiment d’avoir été enflé par une jaquette trop réussie pour être honnête. Dialogues inutiles, gore timide, cliffhanger prévisible : un bilan navrant, même pas de quoi contenter l’amateur pas difficile de D.T.V. fauchés… On notera tout de même les délires barrés d’un James Duval complètement paranoïaque ( l’invasion des cafards…) et le plaisir de retrouver, par pure nostalgie, Steve Guttenberg, incontournable Mahoney de la série des Police Academy, les comédies au ras des pâquerettes qui animaient nos journées vidéo d’enfance… Malgré les années d’anonymat on se demande ce qui a pu le pousser à se plonger dans cette galère…

Cornered est un exemple supplémentaire de ce que les producteurs roublards réussissent à nous fourguer en jouant sur les modes et l’attrait graphique du genre : beaucoup de promesses pour se récolter une bande horrifique tout juste visionnable… Le quotidien de l’univers impitoyable du D.T.V. en quelque sorte…

 

 

Le Blu-Ray : 13/20

  • Editeur : Action & Communication
  • Distributeur : Zylo
  • BD 25
  • Format image : Ratio cinéma : 1.86, ratio vidéo : 16/9
  • Format audio : Dolby Digital : Français 5.1, Anglais 5.1
  • Sous titres : français

Il y a longtemps que nous n’avions pas chroniqué de D.T.V. en blu-ray. La question étant à chaque fois de savoir s’il faut investir dans de la HD pour visionner des films dont l’apport en gain d’images n’est généralement ni déterminant, ni flagrant ! Concernant Cornered, s’il ne se révèle, une fois de plus, pas indispensable vis à vis de nos réticences artistiques, on conviendra de sa supériorité sur l’édition DVD. Malgré quelques défauts flagrants d’aliasing (dès les premiers plans du film…) et de larges différences de piqué ( on passe dans une même séquence d’une image pointue à une autre beaucoup trop douce…) ce blu-ray s’en sort tout de même avec les honneurs. Les nombreuses scènes nocturnes n’affichent quasiment pas de bruit vidéo et l’ensemble reste, sur la longueur, suffisamment défini pour ne pas douter de la présence de la haute définition…

Côté son, pas de piste audio HD mais un simple 5.1 convenable, avec une belle dynamique du côté des Surround arrières : ambiance et effets de surprise distillés avec intelligence ! Pas incontournable mais honnêtement efficace. Le doublage français, médiocre (comme souvent…) est, par contre, à éviter…

Une interactivité très complète pour un film hélas très mineur ! Un making-of, tout d’abord, qui se révèle être, en vérité, une grande batterie d’interviews promo malheureusement non sous-titrées : difficile dans ces conditions, si vous êtes fâchés avec la langue de Shakespeare, de juger de l’intérêt des propos tenus… Plus originale (et sous-titrée…) cette interview très complète du producteur / réalisateur du film qui nous parle avec précision de son projet et du tournage. On émet par contre des réserves sur la capacité de ce dernier à faire preuve d’un poil de modestie étant persuadé d’avoir accouché d’un film novateur et génialement mis en scène…. On a le droit de rêver… Des b-rolls pour finir : ces instantanés de tournage (de nouveau sans sous-titres…) s’avèrent être, au final, le bonus le plus intéressant de ce blu-ray et rendent compte avec naturel de l’ambiance du plateau, moins coincée que ce que l’attitude du réalisateur pouvait précédemment le laisser soupçonner…

Nicolas C.

 

 

 

cornered