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Dark Side

(As Good as Dead)

 

Le film : 11/20

  • USA - 2010
  • Budget –
  • Production: Eclectic Pictures, Millennium Films
  • Réalisation: Jonathan Mossek
  • Avec Cary Elwes, Frank Whaley, Andie Macdowell…

Ethan Belfrage mène une existence tranquille entre son métier de photographe et ses responsabilités de père difficiles à assumer. Jusqu’au jour où débarquent chez lui deux tueurs bien décidés à lui faire avouer le meurtre du révérend néo-nazi Kalahan survenu neuf ans plus tôt. Ethan est-il coupable ? Ses bourreaux vont tout mettre en œuvre pour le faire parler…

La conception graphique d’une jaquette peut souvent être trompeuse (surtout dans le marché très saturé du DTV où les visuels doivent « claquer » un maximum …) et induire en erreur le consommateur compulsif de galettes dvd/blu-ray (dont nous faisons bien évidemment partie…). Cette théorie marketing se vérifie ici encore avec ce premier film de Jonathan Mossek : illustré comme un « torture flick » entre Saw et Hostel (voir la jaquette du dvd/blu-ray français ci-dessus) Dark Side risque, du coup, de décevoir les amateurs d’horreur et de gore. Malgré la présence de Cary Elwes (la caution « frisson » échappée justement des aventures du Jigsaw) le film n’est en définitive qu’un petit polar, un thriller en huit clos à la mise en scène quasi théâtrale qui repose sur une argumentation bien mince. (Ethan est-il un tueur implacable ou un simple père de famille dépassé par les évènements ?). Beaucoup de situations et de discours répétitifs entre les protagonistes, pour un minimum d’effets d’une mise en scène qui manque du coup singulièrement d’ambition. Le casting peine également à convaincre malgré son générique prestigieux : Elwes, transparent, traverse le film sans inspirer la moindre parcelle d’empathie à l’égard de son personnage. Un travail d’identification foireux pour le spectateur, qui nuit bien évidemment au plaisir que l’on peut prendre à visionner ce type de film… L’erreur la plus grossière reste cependant le choix d’Andy MacDowell pour illustrer la veuve vengeresse du révérend Kalahan. Visage brulé, mâchoire crispée : l’actrice en fait des caisses dans le registre des pathos obsessionnels/dépressifs contenus et finit du coup par passer pour une vieille folle digne d’un gros nanar bis. C’est plutôt marrant à voir mais pour s’imposer en tant que personnage décisionnaire des enjeux de l’intrigue c’est pour le coup bien foireux… Seul Frank Whaley tire honnêtement son épingle du jeu en interprétant avec sobriété mais efficacité un personnage de tueur néo nazi déterminé et imperturbable. Le film reste, malgré ses défauts, un honnête DTV de luxe : le film, produit en partie par Millennium (la branche friquée de Nu Image), soigne suffisamment sa photographie pour pallier aux faiblesses du scénario pendant ses 85 petites minutes de métrage. C’est, je vous l’accorde un argument un peu limité pour accorder du crédit à un métrage et claquer une vingtaine d’euros dans un DVD/Blu-ray, mais si vous parvenez à n’être pas trop exigeant sur le fond, que vous vous laissez facilement embarquer par la forme et que vous avez l’habitude de bouffer du DTV au petit déjeuner, vous devriez y trouver tout de même votre compte !

 Maintenant que vous êtes prévenu, vous pouvez désormais vous mettre en condition pour aborder ce Dark Side de la meilleure manière qui soit : comme un petit polar très balisé mais pas désagréable à visionner, qui se déguste sobrement, à la manière d’une bonne série policière au budget généreusement dopé …

 

 

Le BLU-RAY : 15/20

  • Editeur : Seven7
  • Distributeur : seven7
  • BD-50
  • Format image : Ratio cinéma : 1.85, ratio vidéo : 16/9-1080P
  • Format audio : DTS HD master audio : Français 5.1, Anglais 5.1
  • Sous titres : Français

Peu de soucis par contre concernant l’aspect technique du blu-ray. Seven7 soigne son produit et nous délivre une copie sans défaut à la compression méticuleuse : l’image est parfaite, le piqué d’image d’une précision chirurgicale (hormis la première séquence, bruitée et floutée par effet de mise en scène) et les contrastes rigoureux et tranchants. De quoi mettre en valeur le travail photographique du film, élément incontournable de ce type de production un peu tape à l’œil. On en viendrait presque à regretter d’être confiné à un huit clos pour ne pas profiter d’avantage des superbes plans larges de la ville…

Peu d’excès en revanche concernant les deux pistes HD audio. Le film ne se prête de toute façon pas aux débordements sonores à la manière d’un blockbuster hollywoodien. Le DTS master audio restitue cependant avec efficacité l’environnement sonore du film : les dialogues sont clairs et précis et les Surrounds jouent la carte de la subtilité. De quoi se plonger simplement avec efficacité dans l’ambiance confinée et claustrophobe de l’intrigue…

Pour les bonus le choix se résume à une simple featurette d’une dizaine de minutes sans grand intérêt. À réserver uniquement aux amateurs d’autosatisfaction promotionnelle…

Nicolas C.

 

 

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