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Dead Crossroads

 

Le film : 17/20

  • France – 2012
  • Budget : -
  • Production : Frighthouse Pictures
  • Réalisation : Fabien Delage
  • Avec Fabien Delage, Julien Mazzitelli …

Un sinistre carnet de route qui vous mènera dans des lieux dont peu suspectent l’existence ! Explorez les endroits les plus hantés de France avec la première série documentaire sur les maisons hantées françaises. Dead Crossroads innove dans l’épouvante et vous montre la France comme vous ne l’avez jamais vue. Un journaliste et un expert en survie explorent les ruines les plus hantées du pays et y passent une journée et une nuit pour filmer les phénomènes paranormaux les plus terrifiants…

Vrai/faux documentaire ? fausse/vrai fiction ? Dead Crossroads joue continuellement, et ce quelque soit notre opinion, la carte de l’ambiguïté ! A l’origine du projet, Fabien Delage responsable de l’antenne du site Rue Morgue, qui se lance dans le projet un peu fou de répertorier les maisons hantées françaises et de les explorer tout en passant une nuit dans chacune d’entre elles. D’où viennent les récits qui nous sont comptés ? Sont-ils réels, voir même vérifiables ? A vrai dire on se moque un peu de savoir si ces histoires de morts tragiques, de tortures et de drames familiaux sont tirées de faits divers ou tout simplement inventées : le fait est que ces images de maisons délabrées, de lieux de vie dévastés où subsistent encore des traces de quotidienneté lointaine créent d’elles même une véritable ambiance horrifique qui colle véritablement la pétoche. Delage joue donc partiellement la carte de la menace invisible, de l’ambiance glauque qui joue sur notre imaginaire et nos peurs les plus basiques : les séquences nocturnes de couloirs où l’on tente de discerner ce qui pourrait se trouver dans chaque recoin de la maison sont véritablement effrayantes et plus efficaces que n’importe quelle péloche de maison hantée. Provoquer la peur primaire du noir et de l’isolement : voilà un pari qui aurait pu s’avérer complètement payant si le jeune réalisateur, certainement influencé par sa cinéphilie et son envie de "mettre en scène", n’avait pas eu parfois la mauvaise idée de désamorcer l’effet par quelques recours artificiels de séquences paranormales maladroites quand elles ne relèvent pas de l’amateurisme pur et simple : porte qui bouge, objet qui se déplace et fantôme de carnaval, toujours précédés d’un disfonctionnement partiel de la caméra. Les subterfuges ne sont pas subtils et même carrément foireux (voir le final du dernier épisode….) et gâchent parfois le spectacle pour nous tirer immédiatement de cette effrayante réalité vers une fiction horrifique de pacotille…

On imagine donc ce que cette « série » aurait pu donner si Delage avait su résister à la tentation du grand guignol : une collection de récits glauques et réalistes ponctués d’images diaboliquement effrayantes. Presque de quoi rentrer au panthéon des plus grandes frayeurs de l’histoire ciné de maisons hantées ! On regrette donc ces quelques écarts (à quand un remontage expurgé de ces séquences hors de propos ?) mais en l’état Dead Crossroads reste tout de même une expérience assez unique de confrontation à nos peurs les plus enfantines. Calez-vous dans votre canapé, mettez-vous dans le noir et laissez-vous porter par le récit et ses « photographies » de maisons à l’abandon : notre plus grosse trouille télévisuelle chez Maniacs depuis un sacré moment !

 

 

Le DVD : 13/20

  • Editeur : Oh My Gore !
  • Distributeur : Arcadès
  • DVD-9
  • Format image : Ratio cinéma : 1.85, ratio vidéo 16/9 compatible 4/3
  • Format audio : Dolby Digital : français 2.0
  • Sous titres : Aucun

Une compression pas vraiment maitrisée (sur un grand écran, même en upscale, c’est un festival de pixels) accentuée par un tournage en caméra HD visiblement un peu limité en matière de résolution. L’un dans l’autre on se retrouve évidemment devant une image qui manque de précision, de contraste et de constance. Une lacune partiellement gênante dans le sens où ces défauts contribuent parfois à accentuer le côté amateur et réaliste de l’entreprise. Presque un mal pour un bien même si un peu plus de piqué et de stabilité n’auraient pas été de refus…

Une stéréo classique mais efficace qui mixe parfaitement récits dialogués et partition musicale. Pas d’extravagances sonores mais la série ne s’y prête de toute façon pas vraiment…

Un making of en forme de featurette promotionnelle (visiblement à destination des acheteurs de droits internationaux..) qui n’hésite curieusement pas à vendre la mèche sur la partielle supercherie du récit. Le reste est plus anecdotique et pas nécessairement passionnant. Vous aurez aussi droit à quelques scènes coupées du tournage : des images supplémentaires sans récit qui conservent pourtant toute leur force évocatrice… Vous aurez également droit à une conférence de presse de présentation de la série au public américain. Dopé depuis longtemps à ce type de récits (les ghosts show sont courants sur les chaines cablées..), les spectateurs semblent un poil blasés par cette mouture « made in France… »

Nicolas C.

 

 

 

 

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