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Dredd

 

Le film : 16/20

  • USA, Royaume-Unis – 2012
  • Budget : 50.000.000 $
  • Production : Reliance Entertainment, IM Global
  • Réalisation : Pete Travis
  • Avec Karl Urban, Olivia Thirlby, Lena Headey…

Dans un avenir proche, les Etats-Unis ne sont plus qu’un immense désert irradié. Mega City One est une métropole tentaculaire rongée par le vice. La seule forme d’autorité restante est représentée par les juges, une police urbaine qui cumule toutes les fonctions : flic, juge et bourreau. Une nouvelle drogue se propage, la Slo-Mo, qui permet de percevoir la réalité au ralenti. Sa distribution est contrôlée par Ma-Ma, ancienne prostituée, devenue baronne de la drogue. Dredd, le juge ultime, va se voir assigner une mission dans les environs de la tour de Ma-Ma et va devoir s’y confronter… …

Un D.T.V. pour le moins attendu au tournant ! Après la plantade artistique du Dredd version Stallone en 95 (on a notamment énormément reproché au film de proposer un juge sans son casque mais on ne se paye évidemment pas un Stallone pour le planquer derrière une visière…) on craignait que la nouvelle incarnation du personnage ne se perde définitivement dans les limbes de la pire des productions fauchées. Car si la première version avait ses défauts, elle restait à nos yeux, une honorable péloche d’action convenablement friquée et sans prétention aucune. Les visuels que nous avions aperçus à Cannes l’année dernière étaient alléchants mais pouvaient tout aussi nous tromper sur la marchandise : un judge Dredd casqué, à la tronche de traviole, plus effrayant que les criminels à foutre en cabane ou à exécuter ! Une vision plutôt fidèle à la B.D. donc, soutenue par un surprenant budget de 50 millions de dollars ! Une belle enveloppe susceptible de relancer avec efficacité une franchise moribonde.

Que vaut vraiment cette nouvelle mouture en fin de compte ? On peut sans mal la comparer au Punisher : Zone de Guerre avec Ray Stevenson (le précédent, lisse et décevant avec Thomas Jane peut quant à lui s’apparenter au Dredd de Stallone…). Violente, sombre et sans compromis cette dernière mouture en date du justicier à tête de mort pourrait parfaitement jouer dans la même cour que ce Dredd. Pas d’esbroufe, pas de casting clinquant, pas de compromis, mais un recentrement de l’intrigue sur le personnage qui se doit d’être le plus fidèle possible à la violence graphique des comics originaux. Le pari est à cet égard réussi : c’est un véritable déferlement de scènes de flingages extrêmes où les tripes se mélangent à la sueur, à la poussière et au béton ! Le scénario relativement simpliste réduit son action à un seul bâtiment mais parvient parfaitement à gérer l’espace de ce lieu clos sans jamais nous faire ressentir le moindre sentiment de déjà vu, de tournage à l’économie, ou du film de couloirs interminables où il ne se passe généralement pas grand-chose. Une réussite plutôt surprenante de ce point de vue donc. Réussite également concernant le casting : si Karl Urban se contente de serrer la mâchoire tout au long du film, sa prestation fait largement illusion et suffit amplement à nous faire croire à son personnage de flic incorruptible et sans états d’âme. On saluera également l’idée ingénieuse de coller une femme dans le rôle du bad-guy et de l’attribuer de surcroit à Lena Headey : elle nous livre une prestation parfaite de femme forte et sans pitié, physiquement (très) marquée et capable de pulvériser l’étage d’un immeuble à coups de sulfateuse : la version « négative » de son rôle de Sarah Connor en quelque sorte…

Le reste est du même calibre : des FX parfaitement intégrés et convaincants ; des chorégraphies guerrières sanglantes qui font mouche à chaque plan et une bande originale qui vous ravage les tympans sans relâchement. De là à dire que Dredd se dresse parmi les meilleures adaptations de comics, il n’y a qu’un petit pas à franchir ! Dans tous les cas ce D.T.V. n’a pas à rougir de la comparaison avec d’autres super-héros bien plus populaires : aseptisée jusqu’à la moelle, la franchise ultra friquée de Marvel ne parvient jamais à soutenir la comparaison avec ce Dredd certes plus modeste mais au combien plus efficace ! Un indispensable de ce début d’année !

 

 

Le DVD : 15/20

  • Editeur : Metropolitan Vidéo
  • Distributeur : Seven7
  • DVD-9 Format image : Ratio cinéma : 2.40, ratio vidéo : 16/9 compatible 4/3
  • Format audio : Dolby Digital : Français 5.1, Anglais 5.1
  • Sous titres : Français

Une copie parfaite, une compression maitrisée mais un manque de piqué préjudiciable pour notre œil désormais grandement habitué à la haute définition ! Un défaut difficilement contournable à moins de changer de support! En l’état Métropolitan a fait de son mieux pour nous livrer le meilleur du dvd mais le support commence à notre goût à montrer ses limites sur des écrans de home cinéma toujours plus imposants…

Une véritable bombe! On a rarement entendu nos Surrounds se déchainer avec autant de puissance et d’efficacité sur du simple Dolby Digital 5.1 : un véritable tour de montagnes russes qui devrait satisfaire les amateurs de déferlements sonores. Vous avez intérêt à moduler votre volume sonore si vous ne voulez pas réveiller votre voisinage! On ose du coup à peine imaginer ce que cela peut donner avec les pistes DTS-HD du Blu-ray…

De simples featurettes promos de quelques minutes et une poignée de bandes annonces en guise de bonus : on s’attendait tout de même à un peu plus de matière explicative pour un projet de cette envergure. Petite déception donc…

Nicolas C.

 

 

 

 

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