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Enemies closer

 

Le film : 09/20

  • USA/Canada - 2013
  • Budget : 5 000 000 $
  • Production: After Dark Films, IM Global
  • Réalisation : Peter Hyams
  • Avec Jean-Claude Van Damme, Orlando Jones, Tom Everett Scott…

Dans une forêt à la frontière americano-canadienne, deux ennemis jurés doivent travailler ensemble pour échapper à un cartel, à la recherche de l’une de ses cargaisons manquante…

Peter Hyams est de retour ! Après une petite incartade du côté du film noir (un remake de Beyond a Reasonable Doubt en 2009) le réalisateur retrouve le chemin de la réalisation avec une péloche de nouveau basée sur l’action. Artisan chevronné, Hyams possède tout de même une poignée de péloches cultes dans sa filmographie (l’incontournable Outland, Capricorn One, ou le sous-estimé 2010-L’Année du Premier Contact…) et une véritable collection de films de genre, qui, s’ils ne sont que rarement des chefs d’œuvres, sont toujours réalisés avec rigueur et maitrise (il est également directeur de la photographie sur la plupart de ses films). Souvenez-vous de Presidio, Timecop, Mort Subite, Relic, La Fin des Temps ou Un Coup de Tonnerre…C’est justement ce dernier film qui stoppe net la carrière cinématographique du réalisateur. Avec un budget de 52 millions de dollars et des recettes mondiales d’à peine plus de 11 millions le calcul est rapide pour la Warner qui grince des dents : c’est un sacré gros bide et une place au placard pour Hyams. Après avoir filé un coup de main à son fils John (les séquelles d’Universal Soldier…) c’est donc par la toute petite porte que Peter exécute son retour dans le film de castagne. Il retrouve d’ailleurs pour l’occasion JCVD qu’il avait déjà dirigé à plusieurs reprises et avec réussite et succès. Problème : à près de 70 balais et un budget anémique de 5 millions de dollars, le réalisateur est-il encore capable de nous pondre un D.T.V. qui soit au minimum efficace et divertissant ? La réponse est malheureusement non tant ce Enemies Closer souffre d’un manque flagrant de qualités ! Impossible de ne pas s’indigner d’un scénario absolument consternant, un Die Hard Like forestier teinté de Buddy Movie, qui aligne des dialogues creux et des rebondissements linéaires d’une banalité vraiment navrante. On retiendra surtout de ce cataclysme l’évolution des rapports entre les deux héros (les changements d’humeurs d’Orlando Jones sont vraiment difficiles à avaler…) et l’intrigue qui se contente de nous emmener d’un point A à un point B pour nous proposer un peu de baston dans une poignée de décors étriqués. Car le film souffre avant tout de son micro budget. On revient en permanence sur les mêmes lieux d’action (filmés en décors naturels) et on souffre constamment de cette sensation d’enfermement et de promiscuité des personnages. Un peu comme si le film avait été tourné au fond d’un jardin (en exagérant à peine…) ! Hyams ne parvient donc jamais à exploiter le potentiel de son lieu de tournage : un comble pour un métrage qui se déroule en pleine nature forestière! Erreur de casting également avec le catastrophique Tom Everett Scott. Un rôle principal pour un acteur pas charismatique et piètre comédien : on a peine à croire que le gugusse est un ancien militaire. Inexpressif et mou, on se dit dans ce cas qu’il vaut encore mieux recourir à de la valeur sûre à la Dolph Lundgren : à défaut d’originalité on est au moins certain de son efficacité…

Que reste –il à sauver alors de ces courtes 75 minutes de métrage ? Selon les goûts de chacun on aimera ou on détestera l’interprétation de Van Damme (le bad guy de l’histoire) en totale roue libre. Avec sa tronche de fou en liberté, l’acteur cabotine à l’excès et parvient pourtant à nous faire adhérer à sa cause et à nous faire apprécier ses apparitions de canadien au français presque incompréhensible. On retiendra également quelques bastons plutôt violentes et dynamiques (malheureusement parasitées par un montage très cut qui rend parfois certaines séquences difficilement lisibles) et… pas grand-chose d’autre ! Un quasi naufrage donc pour Hyams qui nous livre un "produit" médiocre mais parfaitement calibré pour le marché D.T.V. : avec une tête d’affiche telle que JCVD et quelques bourres pifs sur la jaquette des dvd/blu-ray le film est quasiment certain de rentrer dans ses frais. Une bien piètre consolation, et on frémit déjà à l’idée que Hyams devienne un nouveau Jim Wynorski…

 

 

Le Blu-Ray : 12/20

  • Editeur : France Télévisions Distribution
  • Distributeur : Seven7
  • BD-50
  • Format image : Ratio cinéma : 1.85, ratio vidéo : 16/9, Compression vidéo : AVC, 1080i
  • Format audio : DTS-HD Master Audio : français 5.1, Anglais 5.1
  • Sous titres : Français

Pas de 24p mais une image en 50 hertz (1080i) à l’encodage sans faille qui délivre tout de même une image très détaillée. Les scènes nocturnes (elles sont nombreuses) perdent légèrement en précision et pêchent par des contrastes qui manquent de vigueur mais elles restent dans l’ensemble toujours très lisibles. La colorimétrie est également un peu en retrait sans nuire à la bonne impression de l’ensemble (les conditions budgétaires du tournage sont peut-être en partie responsables de cette photographie un peu terne…). Notons enfin que le film tourné à l’origine en 2.35 cinémascope (comme la plupart des films de Hyams) est ici recadré en 1.78 (soit le format TV 16/9). Une sacrée bévue de la part de France Télévision qui ne respecte pas le format voulu par le réalisateur !

Côté son le DTS-HD Master audio fait sont travail sans excès en V.O. comme en V.F. La spatialisation, bien présente, est cependant un peu faiblarde dans les scènes d’action qui auraient exigé un peu plus de dynamique : rien de bien préjudiciable au final…

Pas le moindre bonus à l’horizon…

Nicolas C. 

 

 

 

 

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