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L'Étrange Festival Lyon 2008

On en rêvait depuis un bon moment, l’équipe de Zone Bis (www.zonebis.com) a concrétisé nos espérances de geeks cinéphiles : un festival de ciné de genre à Lyon. Après les éditions parisienne et strasbourgeoise, c’est donc le cinéma Comœdia qui a accueilli, du 26 au 30 mars 2008, le public de cette première programmation de L’Etrange Festival. Plusieurs thématiques à l’affiche avec une bonne brouette d’avant-premières, une "théma corruptio" blindée de ciné d’exploitation 70’s français et italien, une soirée rigolo trash et même des séances jeunesses pour les gones "bien de chez nous" (ou pour un public adulte moins à même de se taper des cagettes de bidoches sanglantes à l’écran : c’est sûr, chacun son truc…).

Ça ne devait pourtant pas être ma semaine puisque, plongé dans un état fébrile permanent, j’ai loupé un bon paquet de séances sur ces 5 journées de festival : pas toujours facile dans ces conditions de se bouger jusqu’au ciné pour dévorer une imposante programmation de films que je n’avais pour la plupart pas vus… Cet état second m’a tout de même permis de revoir quelques films déjà vus à Gérardmer : l’excellent Teeth et All the Boy Love Mandy Lane dont la deuxième vision conforte ma première opinion : ça reste vraiment pas terrible et j’ai du mal à saisir l’engouement général pour ce film… Au rayon "inédit" Los Cronocrimenes est une intéressante variation sur la thématique du voyage dans le temps, entre fantastique et polar. Difficile par contre d’en raconter des tonnes sans risquer de gâcher les effets de surprise d’un scénario naviguant quelque par entre C’était Demain et Retour vers le Futur : Une curiosité malheureusement toujours en rade de programmation française... On passe rapidement sur Justine de Sade, d'un érotisme sympathiquement ennuyeux et ringard, pour filer à la soirée "Rigolo Trash" qui me permet de redécouvrir sur grand écran Elmer Le Remue Méninge et Braindead, deux films incontournables de l’horreur 80’s, qui associent humour trash et gore dégueux, tout en se différenciant dans leur mise en scène : un univers urbain New-Yorkais sombre et pouilleux pour Hennenlotter, toujours à la limite du tournage amateur, tandis que Jackson prend le parti d’une mise en scène plus fluide et élaborée pour plonger le spectateur dans le quotidien naïf d'une petite ville paisible de Nouvelle-Zélande (avant que les évènements ne dérapent !). Des styles divergeants pour une même réussite… Dernière ligne droite du festival et je fais l'impasse sur les projections de La Papesse, Llik Your Idols, Jours tranquilles à Clichy, La Lame Infernale et Mais ne nous Délivrez pas du Mal...

Heureusement il me reste, pour me rattraper, le film de clôture, La Nuit des Horloges, avant-première très attendue en présence de son réalisateur culte, Jean Rollin. Onirisme poétique et/ou ringard, casting énigmatique et paumé, dialogues surréalistes et incompréhensibles… Cette Nuit est, en fait, un véritable résumé de carrière du cinéaste : pour compléter un scénario en forme d’hommage nostalgique à son propre travail, de très (trop…) nombreuses séquences clés de sa filmographie complètent les 90 minutes du métrage. Pas grand-chose de neuf à se mettre sous la dent donc, d’autant que l’univers étrange qui a fait sa réputation, peuplé de vampires, morts vivants et autres nanas à poil (et qui sauvaient, la plupart du temps, chaque film par quelques séquences bien barrées) a aujourd’hui malheureusement disparu. Reste la nostalgie d’un cinéma de genre bien loin des canons actuels du cinéma à petit budget... C’est donc avec indulgence que je visionne cette Nuit des Horloges même s’il faut bien reconnaître que le film semble interminable, d’autant plus que la projection en vidéo (la copie 35 n’est pas encore prête) souffre d’un décalage son/image plutôt gonflant. Heureusement Jean Rollin, a eu l’amabilité de se prêter, dès la fin de la projection, au jeu des questions/réponses avec le public. Un excellent moyen d’évoquer une longue et singulière carrière avec le réalisateur lui-même… Un entretien à découvrir partiellement en vidéo ci-dessous, la rencontre ayant été "interrompue" par un caméscope capricieux…

 

 

(Merci à toute l’équipe de l’association Zone Bis de m’avoir permis l’accès libre au festival. En vous souhaitant le meilleur pour l’organisation de la prochaine édition !)

 

Nicolas C.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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