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Heartless

 

Le film : 16/20

  • Royaume-Unis - 2009
  • Budget – 5 000 000 $
  • Production: CrossDay Productions Ltd.
  • Réalisation : Philip Ridley
  • Avec Jim Sturgess, Clémence Poésy, Noel Clarke…

Jamie parcours l’East End Londonien, un appareil photo à la main. Au cœur des rues sombres il découvre que l’enfer est en train de prendre possession de la ville…

Un D.T.V. d’exception dans vos platines, ça n’arrive pas souvent : soyez sans crainte, cette galette HD devrait instantanément faire partie des inédits indispensables de votre collection ! Réalisé par Phillip Ridley, metteur en scène culte qui revient derrière la caméra quatorze ans après sa dernière réalisation. Après L’Enfant Miroir (pas vu…) et Darkly Noon (une des rares occasions pour Brendan Fraser d’exprimer son talent en jouant autre chose qu’un crétin maladroit ou un aventurier sans charisme…) Ridley s’oriente une fois de plus vers le thriller minimaliste et étouffant, ébauchant une psychologie toujours plus en proie au mal. Une véritable continuité dans les thématiques chères au réalisateur qui déplace l’action de son intrigue dans un Londres crépusculaire dévoré par l’obscurité, où les personnages, menacés par une violence sous jacente à chaque coin de rue, ont l’air tout aussi isolés et paumés qu’au milieu des bois de Darkly. Dans cette ambiance très "Urban Gothic", le scénario s’oriente donc de nouveau vers le drame psychologique, caché derrière des apparences de production horrifique. L’isolement, la solitude, le mal de vivre, la violence qui sommeillent en chacun de nous… autant de sujets abordés avec justesse sans jamais tomber dans le pamphlet intello/pompeux : une prouesse étant donné la charge d’éléments thématiques qui gravitent au sein du scénario. Pour soutenir le film on pourra également compter sur l’excellente interprétation de Jim Sturgess, déjà vu dans les teen movies Las Vegas 21 et Across The Universe, qui fait preuve d’une sobriété de jeu qui sert totalement son rôle : on suit son personnage avec empathie, embarqué dans une réalité qui le dépasse complètement. Mention également à Joseph Malwe, jamais vu précédemment mais excellent dans l’interprétation du « mal », et à l’excellente idée du personnage de l’armurier dont on ne vous divulguera pas d’avantage de son (court) rôle dans l’histoire pour ne pas vous gâcher la surprise…

Un D.T.V. très au dessus de la moyenne donc, pour ne pas dire carrément hors catégorie, qui aurait tout simplement mérité un petit passage du côté des salles obscures, surtout si l’on considère le potentiel du film, programmé à multiple reprises dans divers festivals français… consolez-vous avec cette sortie vidéo, vous ne regretterez pas l’expérience…

 

 

Le Blu-Ray : 15/20

  • Editeur : Free Dolphin Entertainment
  • Distributeur : Paramount Home Entertainment France
  • BD-50
  • Format image : Ratio cinéma : 1.85, ratio vidéo : 16/9, Compression vidéo : AVC, 1080i
  • Format audio : Dolby digital : Français 5.1, Coréen 5.1
  • Sous titres : Français

La photographie du film, très sombre, ne facilite pas la tache du transfert vidéo. Il s’en sort pourtant très honorablement : les plans nocturnes n’affichent pas de grain même si l’on perd en contrepartie un peu de piqué d’image. Peut-être la conséquence d’une légère utilisation du réducteur de bruit. La photographie très stylisée du film reste tout de même mise en valeur avec une colorimétrie pointue et des contours profonds.

Pas de grandiloquence du point de vue de la bande son mais de l’efficacité ! : le mixage se joue des ambiances plutôt que des effets chocs et soutient la partition musicale par quelques effets surrounds impressionnants : une ambiance crépusculaire dans votre salon sans déchaînements excessifs, à la mesure du film évidemment…

De nombreux bonus pour étayer cette édition HD : le making of, tout d’abord, très complet et instructif, qui vous permettra d’en apprendre un peu plus sur les intentions du réalisateur et sur les conditions du tournage, loin de la traditionnelle featurette promo inutile… En complément de ce documentaire vous pourrez aussi visionner une interview/rencontre avec Philip Ridley : très loquace mais jamais prétentieux son discours reste toujours clair et compréhensible, à la portée du cinéphile qui ne maîtriserait pas sa filmographie sur le bout des doigts (un peu comme nous…). Deux morceaux de Jim Sturgess en live, une bande annonce et une galerie photo pour compléter l’interactivité : un sérieux travail éditorial de la part de Free Dolphin…

Nicolas C.

 

 

 

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