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Lone Pine Film History Museum

 

Lone Pine, Californie : une toute petite ville coincée dans une vallée verdoyante qui sépare les parcs nationaux de la Vallée de la Mort et Kings Canyon / Yosemite National Parc. Une étape importante pour les voyageurs qui débarquent de l’est de l’état puisqu’il s’agit de la première ville rencontrée après s’être frotté aux conditions climatiques extrêmes du Nevada : de Las Vegas jusqu'à la sortie de la Vallée de la Mort on ne respire plus, l’air est suffocant, le sol brûlant et le paysage quasiment lunaire ! Le climat et l’ambiance changent pourtant radicalement lorsqu’on franchit le Father Crowley Overlook, un point de vue impressionnant sur la vallée qui marque la fin de l’hostilité et le retour à des conditions climatiques beaucoup plus tempérées. C’est donc très sereinement que l’on débarque à Lone Pine et que l’on marque très rapidement un arrêt à l’étape qui nous intéresse aujourd’hui puisque nous avons décidé de visiter le Lone Pine Film History Museum, un petit musée plutôt discret situé à l’entrée de la ville, et dont il faut avoir préalablement pris connaissance pour ne pas passer à côté sans l’apercevoir !

   

Lone Pine et ses environs ont été, pendant des décennies, les lieux privilégiés de tournages de nombreux films et tout particulièrement des westerns dont le musée s’est fait une spécialité (le site internet du musée le nomme d’ailleurs désormais "The Museum Of Western films History"). On ne va pas tenter de vous faire un cours d’histoire ou de vous établir une filmographie exhaustive des tournages référencés par le musée : il sont trop nombreux et nous ne sommes de toute façon pas assez calé en westerns pour nous lancer dans une analyse du genre ! Vous pourrez cependant, au hasard de votre visite, tomber sur Le Lone Ranger, Roy Rogers, William Boyd, John Wayne ou Clint Eastwood grâce à de nombreuses archives comprenant des costumes, des armes, des selles de chevaux (!), des affiches de films, des objets promotionnels en tout genre (bien vintage pour la plupart) et même quelques véhicules dont une Plymouth de 1938 ayant servi au tournage de High Sierra avec Humphrey Bogart ou, beaucoup plus récemment, la diligence de Christoph Waltz dans Django Unchained.

Malgré cette impressionnante collection consacrée aux cowboys made in USA ce sont pourtant les autres films présentés dans la collection du musée, même s’ils sont très minoritaires, qui nous ont attirés jusqu’ici. Car le musée ratisse large pour promouvoir les qualités de sa vallée et de ses décors photogéniques et variés. Quelques péloches plus en accord avec le ciné qui nous intéresse chez Maniacs sont donc représentées dans quelques recoins du musée. On est surpris dans un premier temps de croiser un costume de style antique ayant servi au tournage de Gladiator, car il s’avère que quelques plans du film, avec Russel Crow, ont été tournés ici au pied des montagnes. Moins surprenant, on retrouve plus loin le costume taché de sang de Tony Stark alias Iron Man, une poignée de vestiges photos des franchises ciné cultes Star Wars et Star Trek, ou quelques affiches de films plus proches de notre univers D.T.V. comme les sympathiques Cherry 2000 avec Mélanie Griffith ou Underworld avec Rutger Hauer…

   

Beaucoup de belles découvertes donc mais la pièce maitresse du musée, l’indispensable à notre goût, qui fait tout le charme de ce musée décalé, reste l’impressionnante collection des objets de tournage du Tremors de Ron Underwood, le sympathique movie monster / animal attack où Kevin Bacon et Fred Ward doivent défendre la petite ville paumée de Perfection contre des créatures, une espèce de vers géants carnivores, qui se déplacent sous terre, réagissent aux vibrations et bouffent tout ce qui leur passe sous les tentacules. Produite par Universal cette excellente série B au charme redneck et sauvage (mais à l’humour parfois un peu lourdingue) a déjà connu quatre suites en D.T.V. et se distingue donc par ses monstres, les graboids, au look simple mais efficace (on peut penser aux vers géants de Dune…) qui vont connaitre, au fur et à mesure des épisodes, de spectaculaires transformations physiques qui les amèneront à finalement évoluer sur terre avec une paire de pattes : bien plus pratique pour bouffer le casting même si on perd, en tant que spectateur, en tension et suspens ce qu’on gagne en action soft et horreur grand public. La franchise tournera d’ailleurs par la suite à la comédie fantastique en s’intéressant aux personnages secondaires du premier opus, sans jamais retrouver l’efficacité de l’original…

Le musée nous propose donc un espace entièrement consacré à Tremors avec quelques graboids originaux en mousse de latex , mis en valeur dans un décor récupéré sur le tournage, mais également des miniatures dont le Chang’s Market (le bâtiment où le petit groupe de survivants va se réfugier), des photos de tournage et quelques archives papier de production (notes de tournage, scripts…)… De chouettes trophées donc, sauvés par le musée, et qui auraient très certainement fini dans les poubelles de Universal au lieu de trôner ici même pour notre plus grand plaisir !

Nicolas C.

 

 

 

 

 

lone pine museum