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The Lost

 

Le film: 15/20

  • USA - 2005
  • Budget  : -
  • Production : Silver Web Productions
  • Réalisation : Chris Sivertson
  • Avec Marc Senter, Shay Astar, Alex Frost, Megan Henning …

Une soirée entre potes au fond des bois tourne au drame quand Ray Pye abat deux adolescentes à la carabine. Quatre ans plus tard l’enquête piétine toujours même si la police porte tous ses soupçons sur l’adolescent. Faute de preuves, Ray continue sa misérable vie de petit redneck sociopathe, obnubilé par son image de rocker-gothico-burné et sa soif de domination de la gente féminine. Psychologiquement au bord du gouffre, le jeune homme peut à tout moment péter un boulon. Pour le détective Charlie Schilling, qui le suit à la trace, la question est tout simplement de savoir quand…

Impossible de commencer cette chronique sans préciser que la vision de The Lost démarre sur une petite série de malentendus. Si la jaquette du dvd, plutôt trompeuse, peut nous faire croire à un énième opus fantastico-horrifique de sérial killer sanglant, c’est pourtant clairement du côté du thriller psychologique que le réalisateur oriente sa mise en scène. Également vendu comme un croisement du cinéma de David Lynch et de Lucky McKee, The Lost se démarque pourtant complètement de ces prestigieuses références et réussit à s’imposer par des qualités qui lui sont propres ! Siverston nous livre un film à la mise en scène maîtrisée, très loin des standards souvent amateurs du cinéma indépendant à petit budget. Un magnifique cinémascope, une photographie blindée d’effets de style : c’est certes souvent du déjà vu, parfois un peu poseur, mais il faut avouer que ça colle parfaitement avec le propos du film qui nous invite à suivre dans le quotidien, parfois le plus banal, les méandres psychologiques d’un jeune homme instable qui va peu à peu se laisser dépasser par ses instincts les plus meurtriers. Dans le rôle de Ray Pye, Marc Senter s’impose talentueusement mais n’évite pas certains travers propres à ce genre d’interprétation : il n’hésite donc pas parfois à en faire des caisses, tout en tronches tordues et sourires pervers, et nous rappelle inévitablement (parfois même physiquement) le Christian Bale de American Psycho. Une référence, peut-être, pour le jeune acteur qui parvient pourtant à marquer de son empreinte un personnage pas vraiment évident à aborder.

Silvertson, trouve donc le juste milieu entre constat social d’une jeunesse sans repères et sans avenir, qui s’emmerde sec, et les travers psychologiques, sans raisons apparentes, si ce n’est anodines, que peuvent développer parfois ces mêmes communautés adolescentes (en l’occurrence la réponse sanglante de Ray à sa virilité bafouée fait froid dans le dos…). À l’écran en tout cas le résultat s’avère troublant, passionnant et captivant. Un vrai coup de cœur que je vous invite à partager.

 

 

Le DVD : 15/20

  • Editeur: Free Dolphin Entertainment
  • Distributeur: Paramount Home Entertainment
  • DVD5
  • Format image :                                                                                                                                             Ratio cinéma : 3.25, ratio vidéo : 16/9 compatible 4/3
  • Format audio :                                                                                                                                              Dolby digital : français 5.1, anglais 5.1
  • Sous titres :                                                                                                                                                  français

Une fois de plus Free Dolphin soigne son travail éditorialiste. Le DVD est donc à la hauteur des qualités artistiques du film : scope 2.35 respecté et 16/9 qui nous offre une image d’excellente qualité : les couleurs de la copie sont correctement saturées et contrastées, le piqué d’image de qualité et l’encodage réparti sur une galette double couche jamais défaillant. Côté son, les deux pistes, française et anglaise, en 5.1 nous permettent de profiter d’une belle spatialisation de la piste sonore avec quelques effets arrières de qualité : pas d’esbroufe mais de l’efficacité !

Quelques bonus pour finir avec un (très) court métrage réalisé par Sivertson pour le film May de McKee (le rôle d’étudiant en cinéma de Jérémy Sisto) : anecdotique mais poilant. Des auditions de quelques membres du casting, des scènes coupées qui s’apparentent plutôt à des prises alternatives ou à des B-roll, des storyboards du film, et la bande annonce. On aurait aimé un petit making-of avec quelques explications du réalisateur sur sa vision du film et les diverses conditions de tournage mais, une fois de plus, ne soyons pas trop exigeant : en l’état, ce DVD se révèle être d’excellente qualité !

NICOLAS C.

 

 

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